Rimbaud, Arthur
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Rimbaud, Arthur
4. L'homme aux semelles de vent

Celui qui fût, selon les mots de Mallarmé, « le passant considérable » de la poésie, constatant la vanité de ses illusions enthousiastes de surdoué, renonce définitivement à l’écriture en atteignant l’âge adulte, d’une façon si soudaine et si incompréhensible qu’il semble s’être « opéré vivant de la poésie » (Mallarmé). Bien que cette période demeure relativement obscure, on date de 1873 les derniers fragments des Illuminations (le recueil, lui, ne paraît qu’en 1886) et la fin de sa carrière fulgurante. En 1874, il est de retour à Londres comme répétiteur, en compagnie de Germain Nouveau. L’année suivante, il voyage en Italie et en Allemagne, se consacrant à l’étude intensive de langues étrangères (allemand, italien, russe, arabe). Débardeur à Marseille, il s’embarque pour les Indes néerlandaises comme mercenaire, puis déserte à Java en 1876. Vraisemblablement accompagnateur de cirque en Scandinavie en 1877, il se fait ensuite contremaître à Chypre (1878). Enfin, il s’établit comme négociant en Abyssinie, où, toujours sur le départ pour un endroit ou un autre, il mène une vie survoltée et éprouvante. En 1891, une blessure suspecte à la jambe — très certainement cancéreuse — l’oblige à rentrer en civière depuis les monts du Harar jusqu’à la côte de la mer Rouge. Amputé dès son arrivée à Marseille, il meurt à trente-sept ans, des suites de sa maladie, laissant derrière lui une des œuvres les plus originales et les plus riches de la littérature française.