| Stravinski, Igor | Format lecture | ||||
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| 4. | Intérêt pour le sérialisme |
En 1948, le jeune chef d’orchestre américain Robert Craft devint l’ami et l’assistant musical de Stravinski. Craft encouragea Stravinski à écouter la musique des sérialistes, qui traitaient la mélodie atonale comme une série de hauteurs sonores sans relation harmonique ou mélodique liée à la clé. Cette technique a pour point de départ le système dodécaphonique du compositeur autrichien Arnold Schoenberg. Bien que Stravinski ait préalablement rejeté les théories de Schoenberg, il fut intéressé par la musique de son disciple, le compositeur autrichien Anton von Webern. Peu à peu, il s’inspira de plus en plus des techniques sérielles, les intégrant à sa propre démarche musicale, comme il l’avait fait pour les influences musicales précédentes. Il en ressort des œuvres telles que la cantate Threni (1958), les Mouvements pour piano et orchestre (1959) et sa dernière œuvre majeure, le Requiem Canticles (1966).
En 1967, âgé de plus de quatre-vingts ans, et malgré une santé de plus en plus fragile, Stravinski réalise les derniers enregistrements de sa musique, avant de mourir le 6 avril 1971, à New York. On l’enterra à Venise, non loin de la tombe de Diaghilev.
Au cours de sa vie, Stravinski utilisa de nombreux styles musicaux : tout d’abord un style opulent, influencé par le nationalisme russe, puis le primitivisme, le jazz, le néoclassicisme, la bitonalité (utilisation simultanée de deux clés), l’atonalité et enfin le sérialisme. Brillant compositeur, il eut l’intelligence d’évoluer sans cesse, à une époque où le style de la plupart des autres compositeurs était plutôt figé, et de s’imprégner de chaque nouvelle technique pour la faire sienne. Stravinski estimait que « continuer dans une seule et même voie, c’est aller à reculons ». Ses œuvres ont influencé les plus grandes tendances de la musique du XXe siècle. Leur importance durable provient de l’originalité, de la puissance et la rationalité qu’il a su leur apporter.