| Louis XIII le Juste | Format lecture | ||||
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| 3. | L’apprentissage du métier de roi |
Décrit par les mémorialistes comme un être renfermé et taciturne, Louis XIII possède en fait une psychologie plus complexe. Très pieux (il met, en 1638, la France sous la protection de la Vierge Marie et rédige, avec son confesseur, le père Caussin, un livre de prières), imbu de la grandeur royale, mais souffrant d’une affection chronique (plus tard identifiée comme la maladie de Crohn) qui se traduit par des crises de fièvre et de violents maux d’estomac, et sujet à des accès de mélancolie comme à des engouements passionnés, il se montre certes influençable pendant sa jeunesse, mais sait également tenir tête à sa mère et faire preuve de fermeté. En 1617, le jeune roi, conseillé par son confident, Charles d’Albert, duc de Luynes, congédie brusquement Concini, qu’il fait assassiner, et exile sa mère.
Mais ce coup de force du roi ne fait que remplacer un favori par un autre ; Luynes, nommé connétable, accumulant titres et honneurs, se montre un médiocre ministre. À l’origine d’une politique de rapprochement avec les Habsbourg — alors que ceux-ci travaillent sans relâche à modifier l’équilibre européen en leur faveur —, il pousse le roi à exiger la restitution des biens ecclésiastiques en Béarn, ce qui provoque un nouveau soulèvement des huguenots, tout en excitant contre sa personne l’hostilité de la noblesse ; réunis derrière Marie de Médicis, les Grands livrent une courte lutte armée contre le pouvoir central, mais doivent capituler aux Ponts-de-Cé, en août 1620.
Le duc de Luynes ayant trouvé la mort peu après le siège infructueux de Montauban en 1621, Louis XIII, décidé à participer davantage aux affaires de l’État et de se lier à un seul ministre, gouverne avec Brûlart de Sillery et son fils, le marquis de Puisieux, ainsi qu’avec La Vieuville. En 1624, dans l’espoir de reconquérir son influence politique, Marie de Médicis convainc Louis XIII de faire entrer au Conseil le cardinal de Richelieu, prélat qui jouit d’une grande réputation malgré ses liens passés avec Concini. Louis XIII, éprouvant d’abord peu de sympathie pour le personnage, se laisse peu à peu convaincre par sa force de caractère et par sa volonté inlassablement réaffirmée de s’opposer à la maison d’Autriche ; il ne tarde pas à en faire son principal ministre.