Bernin, le
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Bernin, le
4. Les sculptures

Parallèlement à son activité d’architecte, le Bernin travaille la sculpture, proposant un nouveau type de monuments funéraires. Pour le tombeau d’Urbain VIII (1628-1647, basilique Saint-Pierre), il représente le pape assis sur un trône, surplombant son propre sarcophage d’où surgit un squelette brandissant son épitaphe. Deux Vertus, la Justice et la Charité, entourent le monument, qui allie le bronze au marbre. Cette conception de la Foi victorieuse sur la Mort sera reprise dans le tombeau d’Alexandre VII (1671-1678, basilique Saint-Pierre).

Créateur de fontaines monumentales (fontaine des Quatre-Fleuves, 1648-1651, piazza Navona, Rome), le Bernin est aussi un grand portraitiste, capable de représenter le caractère et surtout la fonction sociale des personnages ; les divers bustes d’Urbain VIII et de Louis XIV (1665, château de Versailles) illustrent bien ce propos.

Il est également l’interprète de la spiritualité baroque des impulsions sensuelles. Ainsi représente-t-il l’extase mystique comme une scénographie d’une grande intensité émotionnelle : on le constate surtout dans les réalisations destinées aux chapelles Cornaro (l’Extase de sainte Thérèse, 1644-1652) et Altieri (Mort de la bienheureuse Ludovica Albertoni, 1674), ainsi que dans les Anges de la Passion (1668-1669), aujourd’hui à San Andrea delle Fratte (Rome). Dans les chapelles, la lumière émerge comme une matière pareille au marbre, au bronze ou au stuc. Tous les éléments sont organisés par le Bernin selon une mise en scène savante ; le spectateur découvre ces sculptures progressivement, et l’expérience esthétique intègre ainsi la notion de temps.

Le Bernin organise également des spectacles et des fêtes religieuses en associant continuellement tous les arts, ce qui constitue l’une des principales idées de sa poétique. Son œuvre, considérable et multiforme, fait de lui le plus grand représentant de l’art baroque.