Colombie
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Colombie
3. Population et société
1. Démographie

Avec ses 44,2 millions d'habitants en 2007, soit une densité de 33,9 habitants au km2, la Colombie est très inégalement peuplée. 77 p. 100 des Colombiens vivent en ville, dont 30 p. 100 dans les grandes métropoles (Bogota, Medellín, Cali et Barranquilla). Traditionnellement, plus de la moitié de la population est concentrée dans la région andine, entre 800 m et 3 000 m d’altitude. Les basses terres commencent cependant à se peupler. La densité de population demeure très faible dans les grandes plaines de l’Est et sur la côte pacifique.

La composition de la population est diversifiée. Plus de la moitié des Colombiens (58 p. 100) sont métis, d’origine à la fois espagnole et amérindienne, 20 p. 100 sont d’origine européenne et 14 p. 100 sont mulâtres (d’origine européenne et africaine). Les Noirs africains représentent environ 4 p. 100 de la population, les Amérindiens 1 p. 100, le reste de la population (3 p. 100) est essentiellement composé de métis d’origine amérindienne et africaine. Le taux de fécondité est de 2,51 enfants par femme et l’espérance de vie atteint 72,2 ans.

2. Découpage administratif et villes principales

La Colombie est divisée en 32 départements et un district de la capitale. La capitale, Bogota, est installée sur les flancs de la Cordillère orientale : c’est un important centre industriel, administratif et commercial, avec plus d’un tiers des actifs qui y travaillent. Medellín, la deuxième ville du pays, Cali et Barranquilla vivent en grande partie de l’industrie textile. Cartagena, sur la mer des Caraïbes, est, avec Barranquilla, l’un des ports les plus actifs du pays.

3. Langues et religions

La langue officielle du pays est l’espagnol, mais plusieurs langues amérindiennes survivent encore. Environ 95 p. 100 des Colombiens sont catholiques. Cependant, les croyances et les traditions des Amérindiens restent également vivantes, en particulier chez les métis. Malgré la séparation de l’Église et de l’État, le concordat de 1973 a établi un statut privilégié pour le catholicisme. La liberté de culte est garantie.

4. Éducation

L’enseignement primaire est gratuit et obligatoire pendant cinq ans ; les deux tiers des élèves accèdent au niveau du secondaire. Cependant, grâce aux efforts fournis par les différents gouvernements, le taux d’alphabétisation est élevé : 93 p. 100. Chez les Amérindiens et les Noirs, il est, en revanche, deux fois moins important. L’État finance les écoles secondaires et les universités, ainsi que les écoles primaires situées dans les municipalités et les départements qui ne sont pas en mesure de le faire. Les plus grandes universités sont l’Université nationale de Colombie, à Bogota (certains bâtiments datent du xvie siècle), l’université de Cartagena, l’université d’Antioquía, à Medellín et l’université de Nariño, à Pasto.

5. Culture

Baptisé « Colombie » en souvenir de celui qui découvrit les Amériques (Christophe Colomb), le pays est resté, sans doute davantage que ses voisins sud-américains, attaché à l’influence espagnole — tout en préservant l’héritage des Amérindiens. Ainsi un vaste site archéologique, situé près de la source du fleuve Magdalena, regroupe de nombreux vestiges de la civilisation San Agustín. Dans la région de Calima, on trouve d’autres sites archéologiques, contenant des chambres funéraires, mais aussi de l’orfèvrerie. Beaucoup de cathédrales et de cloîtres à Bogota ont un style qui s’inspire de l’architecture espagnole du xvie siècle.

Parmi les grandes figures de la culture colombienne contemporaine, il faut citer le peintre et sculpteur Fernando Botero, dont l’art s’inspire en partie de l’époque précolombienne, et le romancier Gabriel García Márquez, prix Nobel de littérature en 1982, auteur de romans, de contes fantastiques, infatigable militant pour les droits de l’homme, qui vit aujourd’hui à l’étranger.

La Bibliothèque nationale de Bogota (1777) possède plus de 680 000 volumes. Les musées les plus réputés sont situés dans la capitale : Musée national, musée d’Archéologie et le fameux musée de l’Or, qui détient une remarquable collection d’objets précolombiens.

Pour la littérature, la musique et l’art colombiens, voir littérature hispano-américaine ; musique d’Amérique latine ; art d’Amérique latine ; art précolombien.

6. Institutions et vie politique
6.1. Organisation des pouvoirs

La Constitution de 1991, qui a remplacé celle de 1886, a institué un système de gouvernement démocratique de type présidentiel, très centralisé.

Le président de la République, élu au suffrage universel pour un mandat de quatre ans renouvelable une fois, détient le pouvoir exécutif. Il nomme le gouvernement, qui doit obtenir la confiance du Congrès. Les gouverneurs des départements sont élus au suffrage direct. Le Congrès bicaméral se compose d’un Sénat (102 membres) et d’une Chambre des représentants (166 membres), tous élus pour un mandat de quatre ans. Le pouvoir judiciaire appartient aux membres de la Cour suprême, élus pour un mandat de huit ans par un collège de juges.

6.2. Partis politiques

Les deux principales forces politiques de la Colombie sont, depuis l’indépendance, le Parti conservateur, devenu aujourd’hui le Parti social-conservateur (Partido social conservador, PSC), qui prône un gouvernement central fort et des relations étroites avec l’Église catholique, et le Parti libéral (PL), fédéraliste et anticlérical. L’Union patriotique (UP) constitue la branche politique des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Fuerzas armadas revolucionarias de Colombia, FARC), le principal mouvement de guérilla, d’inspiration communiste. Les autres grands mouvements de guérilla sont l’Armée de libération nationale (Ejercito de liberación nacional, ELN), castriste, et l’Armée populaire de libération (Ejercito popular de liberación, EPL), maoïste, ainsi que l’Alliance démocratique / Mouvement du 19 avril.