New Deal
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New Deal
2. New Deal et interventionnisme étatique

La production industrielle américaine a chuté de moitié entre 1930 et 1933, voire des deux tiers dans certains secteurs, les prix agricoles ont baissé dans des proportions variant de 25 p. 100 à 50 p. 100 selon les produits, 14 millions d’Américains sont au chômage en 1933, soit un quart de la population active qui ne subsiste que grâce aux soupes populaires, autant d’indicateurs révélateurs d’une crise économique sans précédent qui a notamment vu resurgir des manifestations de révolte que l’on croyait d’un autre temps et d’un autre monde : les émeutes de la faim. Par sa durée, par son ampleur — au-delà des États-Unis, la crise est devenue mondiale — et la détresse sociale qu’elle a engendrée, la récession des années trente marque une étape importante dans l’évolution des politiques économiques occidentales et inaugure l’ère de l’intervention de l’État (théorisée par John Maynard Keynes) dans une économie de marché devenue défaillante.

Pour tenter de réduire le chômage et de rétablir la prospérité, Roosevelt impose une intrusion très forte de l'État fédéral dans l'activité économique, instaurant un ensemble d'agences fédérales, de programmes subventionnés et de nouveaux services publics. Ces mesures ne sont alors motivées par aucune théorie économique, toutefois le président s'appuie sur un groupe de conseillers, le brain trust, composé essentiellement de professeurs issus des universités de Harvard (Boston) et Columbia (New York) et représentant différents courants de pensée : d’une part, des « planificateurs » prônant des réformes structurelles ; d’autre part, des « conjoncturistes », ou spenders (littéralement « ceux qui dépensent »), pour lesquels il suffit de réinjecter des liquidités dans l'économie pour permettre l'écoulement de la production.