Bergman, Ingmar
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Bergman, Ingmar
2. La construction d’un discours personnel

Né à Uppsala (Suède), fils d’un pasteur luthérien, Ingmar Bergman reçoit une éducation religieuse stricte, mais ouverte sur les arts ; le théâtre de marionnettes représente notamment pour lui une échappatoire à l’enfermement psychologique et moral qu’il ressent. Il commence des études d’histoire et de littérature, mais il se consacre dès 1938 à la mise en scène théâtrale puis dirige le théâtre d’Helsingborg.

À partir de 1942, Ingmar Bergman mène en parallèle une activité de scénariste pour une société de production, la Svensk Filmindustri, et voit son premier script, Tourments (Hets, 1944), porté à l’écran par Alf Sjöberg. Il adapte une pièce sur le monde du spectacle, Crise (Kris, 1946), puis quatre scénarios dont il n’est pas l’auteur mais marqués de sa vision d’alors, soit un réalisme poétique sombre et désespéré inspiré de Marcel Carné et Julien Duvivier : Il pleut sur notre amour (Det regnar på vår karlek, 1946), le Port des filles perdues (Skepp till India land, 1947), Musique dans les ténèbres (Musik i mörker, 1948), Ville portuaire (Hamnstad, 1948).

La Prison (Fängelse, 1949) est le premier film réalisé par Ingmar Bergman. Ce sont les marivaudages de Sourires d’une nuit d’été (Sommarnattens leende, 1955) qui lui offrent une certaine reconnaissance critique, au festival de Cannes. Puis sa notoriété prend de l’ampleur avec l’exploitation de ses films antérieurs : Cela ne se produirait pas ici (Sånt händer inte här, 1950), Jeux d’été (Sommarlek, 1951), Monika (Sommaren med Monika, 1953), la Nuit des forains (Gycklarnas afton, 1953), Une leçon d’amour (En lektion i kärlek, 1954) et Rêves de femmes (Kvinnodröm, 1955).