| Bourbon, dynasties de | Format lecture | ||||
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| 2. | Les Bourbons de France |
Le premier seigneur à avoir porté le nom de Bourbon serait un familier du duc d'Aquitaine, Aymar ou Adhémar, élevé au rang de baron de Bourbon à la fin du IXe siècle. La seigneurie passa ensuite par héritage à la maison de Dampierre, puis à la première maison capétienne de Bourgogne. En 1272, Béatrice de Bourgogne-Bourbon (morte en 1310), descendante en ligne directe d'Aymar, épousa un Capétien, Robert de France, comte de Clermont, sixième fils du roi Louis IX. De leur union naquit un fils, Louis (1279-1342), qui fit ériger la seigneurie en duché en 1327. Le premier duc de Bourbon eut deux fils : Pierre (1311-1356), le fondateur de la branche aînée, marié à Isabeau de Valois, sœur de Philippe VI, et Jacques, comte de la Marche (1314-1362).
La branche aînée des Bourbons compta notamment Louis II, dit le Bon (1337-1410), qui fut un des régents de France à la mort de Charles V. Son petit-fils Louis, second fils de Jean Ier, 4e duc de Bourbon, créa la branche de Montpensier, dont un membre fut l'auteur de la souche illégitime des Bourbon-Busset, toujours représentée. La branche de Montpensier s'éteignit en 1527 à la mort du connétable de Bourbon, Charles, comte de Montpensier, époux de sa cousine Suzanne de Bourbon, fille de Pierre de Beaujeu, 7e duc de Bourbon et d'Anne de France, le couple n'ayant pas laissé de postérité.
Entre le XIVe et le XVIe siècle, la branche aînée n'avait cessé d'accroître ses possessions par une judicieuse politique matrimoniale, et constituait l'une des plus puissantes maisons féodales du royaume, contrôlant l'ensemble du centre de la France, notamment le Bourbonnais, l'Auvergne, le Forez, les comtés de Montpensier et de Gien, le duché de Châtellerault et le Beaujolais. C'est pour cette raison que François Ier, craignant pour son pouvoir, s'employa à confisquer les biens du connétable de Bourbon, qui furent réunis à la Couronne en 1531.
Charles (1489-1537), l'aîné de la branche cadette descendant de Jacques, comte de la Marche, fut fait duc de Vendôme par François Ier ; il devint premier prince de sang et chef de la maison de Bourbon. Son fils cadet fut l'auteur de la branche de Condé, tandis que son fils aîné, Antoine de Bourbon (1518-1562), accédait au trône de Navarre en 1555 par son mariage avec Jeanne d'Albret. Aux possessions de la branche de Vendôme (duchés de Vendôme et de Beaumont, duché d'Alençon) vinrent s'ajouter la Basse-Navarre, les comtés de Foix, de Béarn et de Périgord. Cet héritage fut recueilli par le fils né de ce mariage, Henri de Navarre, qui devait le réunir à la Couronne après son accession au trône de France, où il succéda sous le nom d'Henri IV au dernier des Valois, Henri III. Outre sa postérité légitime, Henri IV fut l'auteur d'une branche de bâtards, la maison de Vendôme, qui s'éteignit au début du XVIIIe siècle.
Louis XIII, fils d'Henri IV et de Marie de Médicis, lia la maison de Bourbon à trois grandes maisons royales d'Europe en mariant ses sœurs Élisabeth (1602-1644) au roi d'Espagne Philippe IV, Christine (1606-1663) à Victor-Amédée Ier de Savoie et Henriette-Marie à Charles Ier d'Angleterre.
Louis XIV, le fils aîné de Louis XIII, régna sur la France de 1661 à 1715. Son frère cadet Philippe Ier (1640-1701), duc d'Orléans, fut le fondateur de la maison d'Orléans. Un petit-fils de Louis XIV, Philippe, duc d'Anjou, accéda au trône d'Espagne sous le nom de Philippe V, et fut le fondateur de la branche des Bourbons d'Espagne ou Bourbon-Anjou.
Le fils et le petit-fils de Louis XIV étant morts avant le roi Soleil, ce fut son arrière-petit-fils qui lui succéda sous le nom de Louis XV. Ce dernier survécut également à son fils et laissa le trône à Louis XVI, l'aîné de ses petits-fils.
Louis XVI mourut guillotiné le 21 janvier 1793, et son fils, parfois appelé Louis XVII bien qu'il n'eût jamais régné, mourut en 1795 au Temple. Le trône revint en 1814 au frère de Louis XVI, le comte de Provence, qui régna sous le nom de Louis XVIII. Son frère, le comte d'Artois, Charles X, fut le dernier Bourbon à régner sur la France. Il dut abdiquer lors de la révolution de juillet 1830. Louis-Philippe, duc d'Orléans, fut alors proclamé roi des Français, mais les légitimistes considéraient les représentants de la branche aînée des Bourbons comme les seuls héritiers incontestables du trône ; ils reconnurent donc le fils aîné de Charles X, le duc Louis d'Angoulême, comme roi sous le nom de Louis XIX, bien que ce dernier eût renoncé à ses droits. Après la déposition de Louis-Philippe en 1848, le neveu du duc d'Angoulême, le comte de Chambord, fut proclamé roi (Henri V) par les légitimistes. La branche aînée des Bourbons s'éteignit à sa mort en 1883, et, aux termes d'un accord qu'il avait lui-même approuvé, les droits au trône de France revinrent à la maison d'Orléans, solution toujours contestée par certains membres de la famille royale d'Espagne.