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filaire
1. Présentation

filaire, ver nématode parasite des vertébrés, y compris de l'homme. Les filaires sont responsables de maladies groupées sous le nom de filarioses.

2. Cycle de vie

Le cycle de vie des filaires se déroule en trois étapes, dans deux hôtes successifs : tout d’abord un vertébré (hôte principal), puis un arthropode (hôte intermédiaire), généralement un insecte piqueur (moustique et mouche surtout) ou un crustacé, puis à nouveau un vertébré. L’hôte principal est l’organisme dans lequel séjournent les adultes et où a lieu la reproduction. Les œufs fécondés se développent dans l’utérus de la femelle et libèrent, peu après la ponte, des larves appelées microfilaires. Ces microfilaires quittent l’hôte vertébré pour subir quelques étapes de leur développement dans l’organisme d’un hôte arthropode. Après cette étape, les microfilaires pénètrent à nouveau dans un hôte vertébré, où elles achèvent leur développement et deviennent des filaires adultes. Ces dernières sont minces et transparentes, le mâle étant habituellement deux fois plus petit que la femelle. Ils mesurent généralement quelques centimètres de long, mais le ver de Guinée peut atteindre près de 1 m. Ils sont localisés dans le système lymphatique (vaisseaux et ganglions) de l’hôte vertébré, provoquant alors les filarioses dites lymphatiques, ou dans ses tissus conjonctifs (sous la peau notamment).

Les mécanismes fins du cycle de la filaire varient selon les espèces. On peut dégager deux grands types de cycles, selon que les microfilaires nouvellement écloses passent ou non dans le sang de leur hôte vertébré.

Dans le premier cas, les microfilaires migrent dans la circulation périphérique à des moments de la journée correspondant au pic d’activité des insectes piqueurs vecteurs. À la faveur d'une piqûre, elles sont aspirées par un insecte : elles gagnent tout d’abord son estomac, où elles perdent leur enveloppe, puis migrent vers son thorax. Après une phase de croissance, les microfilaires se rendent dans la proboscide (trompe ou organe suceur). Elles peuvent alors infester un hôte vertébré — lors d’une piqûre, avant d’aspirer le sang, l’insecte commence en effet par injecter un liquide anticoagulant, dans lequel se trouvent les jeunes vers. Ces derniers peuvent alors pénétrer dans le sang de leur nouvel hôte vertébré pour se rendre dans son système lymphatique, ou creuser activement la peau, afin d’atteindre les tissus sous-cutanés. Dans les deux cas, lorsqu’ils ont atteint leurs tissus-cibles, ils deviennent des filaires adultes.

Le second cas est illustré par le cycle du ver de Guinée, un parasite de l’espèce humaine. L’hôte intermédiaire n’est pas un insecte piqueur, mais un petit crustacé (un copépode, le cyclops). Lors de la reproduction, la femelle perfore la peau de son hôte humain et libère ses œufs, qui peuvent tomber dans un plan d’eau, où ils sont absorbés par les crustacés. L’homme se contamine en consommant des eaux contenant des cyclops infectés par les microfilaires. Une fois absorbées, ces dernières perforent la paroi du tube digestif, puis elles se rendent dans les tissus conjonctifs sous-cutanés où elles achèvent leur développement.

3. Filaires pathogènes pour l’homme

Il existe de nombreuse espèces de filaires responsables de filarioses dans l’espèce humaine. Elles sont endémiques dans certaines régions d'Afrique, d'Espagne, d'Amérique du Sud, de l'est de l'Asie, des Caraïbes et de certaines îles du Pacifique. L'infection peut être dépourvue de symptômes cliniques ou, au contraire, se manifester par des œdèmes, des irritations et des démangeaisons (filaires localisées sous la peau), ou par une inflammation du système lymphatique (filarioses lymphatiques).

1. Loa-loa

La loa-loa, responsable d’une maladie parasitaire bénigne appelée loase ou filariose à loa-loa, se rencontre en Afrique tropicale, sur la côte ouest. La loase est caractérisée par des œdèmes fugaces appelés œdèmes de Calabar, dus aux déplacements des vers sous la peau. Les loa-loas se localisent également au niveau de la conjonctive de l’œil, sous lequel ils déclenchent des œdèmes. La loa-loa est transmise par un taon appartenant au genre Chrysops.

2. Ver de Guinée

Le ver de Guinée, ou filaire de Médine, provoque la dracunculose, endémique dans certaines régions d’Afrique (Sahel notamment) et d’Asie. La dracunculose se traduit par l’apparition de cloques et d’ampoules (correspondant à la perforation de la peau par la femelle au moment de la ponte), qui peuvent être le siège d’une surinfection bactérienne.

3. Filaire de Bancroft et filaire de Malaisie

Les filaires de Bancroft et de Malaisie sont responsables des filarioses lymphatiques. Elles sont transmises par des moustiques et sont endémiques dans de nombreux pays tropicaux. La maladie se traduit tout d’abord par une inflammation des vaisseaux lymphatiques (lymphangite), puis par un gonflement et un épaississement des tissus dus à une obstruction des vaisseaux lymphatiques : c’est l’éléphantiasis.

4. Filaire de l’onchocercose

L’onchocercose, ou cécité des rivières, est due à l’infection par le ver Onchocerca volvulus. L’onchocercose sévit en Amérique centrale et en Amérique du Sud, mais est surtout répandue en Afrique tropicale. Localisés dans les tissus sous-cutanés et dans la cornée, ces vers provoquent des irritations et des démangeaisons de la peau, ainsi que des lésions sous-cutanées et oculaires. Ces dernières aboutissent, au bout d’une dizaine d’années, à une cécité complète.

Classification : les filaires sont des vers de la classe des Nématodes. La loa-loa a pour nom scientifique Filaria loa, la filaire de Bancroft Wuchereria bancrofti, le ver de Guinée ou filaire de Médine, Dracunculus medinensis et, enfin, la filaire responsable de l’onchocercose, Onchocerca volvulus.