| Verdi, Giuseppe | Format lecture | ||||
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| 3. | Livret et musique |
Homme de théâtre, Giuseppe Verdi approfondit les relations entre livret et musique et s’inspira des grands classiques shakespeariens comme du drame romantique allemand. Avec Un bal masqué (1859), la Force du destin (1862), créée à Saint-Pétersbourg, ou Don Carlos (1867), écrit en français pour l’Opéra de Paris, il affirma son souci de la dramaturgie, là où ses prédécesseurs ne se souciaient que de prouesses vocales. Consacré plus grand compositeur d’opéras au monde, Verdi allait créer des œuvres dans tous les pays, y compris hors de l’Europe. Aïda, sur un livret d’Antonio Ghislanzoni, fut créé en 1871 au Caire avec une mise en scène et des décors d’un luxe exceptionnel. Aïda, peut-être par son exotisme et ses danses inspirées de l’orientalisme français, mais surtout par son orchestration raffinée et son intensité dramatique, reste encore de nos jours son œuvre la plus populaire.
Vint alors une période de doute et de réflexion durant laquelle Verdi, vieillissant, critiqué par la nouvelle génération de musiciens italiens, s’éloigna de l’opéra. Il se lança dans la composition de son Requiem (1874), œuvre religieuse d’une gravité inattendue dédiée à la mémoire d’Alessandro Manzoni, et dans l’écriture de cantates et de musique instrumentale comme le Quatuor à cordes en mi mineur (1873). Il se réconcilia pourtant avec l’un de ses adversaires, le librettiste Arrigo Boito, avec lequel il remania Simon Boccanegra (1881), qui connut enfin le succès.
Après l’abandon presque total de la scène lyrique pendant plus de dix ans, Verdi se remit au travail pour deux œuvres ultimes. Avec Otello (1887) et surtout Falstaff (1893), son seul opéra comique, sur des livrets d’Arrigo Boito d’après Shakespeare, le compositeur octogénaire fit preuve d’une incroyable capacité à se renouveler. Il acheva également en 1898 une série de Pièces sacrées dédiées à sa seconde femme, la cantatrice Giuseppina Strepponi, décédée en 1897. À la suite de ce testament musical plein de fraîcheur et de fantaisie, Verdi s’éteignit en 1901 dans la maison de repos pour musiciens qu’il avait fondée à Milan.