| Gobineau, Joseph Arthur, comte de | Format lecture | ||||
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| 3. | Écrivain et théoricien de l’inégalité des races |
Joseph Arthur Gobineau poursuit parallèlement à ses activités diplomatiques une carrière d’auteur. Autodidacte érudit et brillant, romantique et légitimiste, il écrit de nombreux romans (Le Prisonnier chanceux, 1846 ; Ternove, 1847 ; L’Abbaye de Typhaines, 1848), des nouvelles (Mademoiselle Irnois, 1847 ; Adélaïde, 1869 ; Souvenirs de voyage, 1872 ; Nouvelles asiatiques, 1876), des poèmes (Amadis, 1876), des essais (Les religions et les philosophies dans l’Asie centrale, 1865 ; Histoire des Perses, 1869) et des récits de voyage (Trois ans en Asie, de 1855 à 1858, 1859).
Les critiques reconnaissent à Gobineau une inspiration proche de Stendhal, notamment dans ses nouvelles. Son œuvre littéraire est toutefois occultée par la publication en 1853 des deux premiers tomes de l’Essai sur l’inégalité des races humaines, qui a inspiré la doctrine nazie. Envisageant l’histoire de l’humanité, il pose la notion de race, récusée par la génétique moderne, comme facteur essentiel de l’émergence et du déclin des civilisations. Il affirme la suprématie de la race indo-européenne, « aryenne ». Le fondement de la supériorité intellectuelle et morale des Aryens se trouve selon lui dans la pureté du sang, laquelle détermine la hiérarchie raciale qu’il édifie. Tout métissage apparaît dès lors comme une menace de dégénérescence.
La théorie raciale de Gobineau rencontre peu d’écho en France. Elle influence en revanche Richard Wagner et est reprise par les théoriciens du pangermanisme, tels Houston Stewart Chamberlain, avant de servir de justification philosophique au national-socialisme (voir racisme).