| britannique, Empire colonial | Format lecture | ||||
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| 2. | Les débuts de la colonisation |
Limitées jusqu’ici au contrôle de la mer du Nord et de la Manche, les ambitions territoriales de l’Angleterre commencent à se manifester sous le règne d’Élisabeth Ire (1558). La première véritable tentative de colonisation est, après Terre-Neuve (1583) et jusque avant les Bermudes (1609), l’implantation d’une colonie en Virginie (1585), sur la côte atlantique américaine, par sir Walter Raleigh, favori d’Élisabeth Ire.
La colonisation est aussi l’œuvre de puritains qui quittent l’Angleterre des Stuart pour fonder, sur une terre vierge, des établissements religieux. Les premiers sont les Pilgrim Fathers (Pères pèlerins), qui quittent Plymouth à bord du Mayflower et débarquent à Massachusetts Bay en 1620. Membres d’une Église séparatiste de Leyde, les colons établissent près du cap Cod une communauté puritaine intransigeante, noyau de la Nouvelle-Angleterre. D’autres exemples suivent ; celui de Rhode Island (1636) est fondé sur le principe de la tolérance religieuse, le Connecticut (1639) sur les croyances congrégationalistes, tandis que Baltimore (1634) abrite des catholiques. Ces colonies, qui entretiennent peu de relations entre elles, constituent des bases stratégiques et commerciales de première importance pour l’Angleterre, engagée contre l’Espagne dans la conquête de nouveaux territoires dans les Caraïbes orientales. Saint-Christophe (aujourd’hui Saint-Kitts) est la première île colonisée (1624). La main-d’œuvre se compose alors d’apprentis blancs venus d’Angleterre.
La guerre civile anglaise, durant les années 1640, loin d’inverser ce processus, l’encourage. Oliver Cromwell mène une diplomatie anti-espagnole en 1655 et encourage la conquête de colonies espagnoles : c’est l’époque des grandes expéditions de piraterie qu’a inauguré Francis Drake, lequel a entrepris, de 1577 à 1580, un périple maritime autour du monde. Ainsi, plusieurs îles des Antilles (Bermudes, Barbade, Antigua et Monserrat), Belize, les Bahamas et enfin la Jamaïque sont arrachés aux Espagnols.
L’acte de Navigation de 1651, stipulant que les importations vers les ports anglais et les colonies ne peuvent se faire que sur des navires anglais ou ceux des pays producteurs, constitue un des premiers fondements juridiques de l’Empire britannique. Le traité de Madrid (1670) marque finalement la reconnaissance de l’Espagne sur les possessions anglaises. Les plantations de canne à sucre, qui remplacent le tabac, prennent un bel essor et la Royal Africa Company, fondée en 1672, est chargée d’amener les esclaves africains aux Caraïbes.
En Amérique du Nord, les Anglais poursuivent leur extension le long du littoral. En 1664, New Amsterdam est prise aux Hollandais par la flotte du duc d’York et rebaptisée New York en son honneur. Par une cession royale, William Penn établit la colonie de Pennsylvanie (1681), administrée selon les préceptes des Quakers. Sous Jacques II (1685-1688), les propriétés et privilèges des colonies américaines sont soumis à un contrôle royal plus strict.
De son côté, la Compagnie des Indes orientales, fondée en 1660, crée un comptoir fortifié à côté de Madras sous l’autorité de l’empereur moghol. En 1690, elle bâtit une nouvelle manufacture, plus en amont du fleuve Hughli, sur un site qui devient Calcutta. Bombay devient possession britannique en 1661 à la suite du mariage de Catherine de Bragance et de Charles II. En 1700, la Compagnie étend ses activités commerciales au Bengale. Ainsi, au début du xviiie siècle, la Grande-Bretagne, bien implantée en Inde, est en mesure de contrer les ambitions des autres puissances, françaises essentiellement.