| britannique, Empire colonial | Format lecture | ||||
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| 3. | La rivalité avec la France |
Après la Seconde Révolution d’Angleterre (1688) laquelle profite à la bourgeoisie commerçante, s’ouvre une nouvelle ère d’expansion et de conquête qui vient heurter les intérêts de l’Espagne, maîtresse d’une grande partie du continent américain, et ceux de la France, qui poursuit énergiquement son expansion outre-mer. De cette rivalité résulte la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714), qui oppose la France et l’Espagne à une coalition européenne menée par l’Angleterre. Cette dernière en sort renforcée avec la conquête de Gibraltar (1704) et de Minorque (1708), fondement de la présence de la Grande-Bretagne en Méditerranée.
L’expansion régulière de la Nouvelle-Angleterre, ainsi qu’une nouvelle présence commerciale, fondée sur le commerce des fourrures dans la baie d’Hudson, favorisent à partir des années 1690 la montée des tensions avec la Nouvelle-France (nom donné aux possessions françaises au Canada), établie dans la vallée du Saint-Laurent. La guerre de la ligue d’Augsbourg, qui s’achève par le traité de Ryswick (1697), et la guerre de Succession d’Autriche, prenant fin avec le traité d’Utrecht (1713), marquent la fin de la suprématie française en Amérique du Nord ; les Français doivent céder l’Acadie, Terre-Neuve et la baie d’Hudson.
Après que la brève agitation de la « Bulle des mers du Sud », qui désigne la spéculation entourant les nouveaux privilèges commerciaux avec l’Amérique espagnole, est retombée (1720), l’intérêt du public pour les affaires d’outre-mer s’amenuise. Le Premier ministre sir Robert Walpole (1721-1742) fait preuve de modération. Néanmoins plusieurs lois contribuent à poser les fondements de l’Empire. L’acte de déportation de 1718 organise la déportation des criminels vers l’Amérique du Nord. La Géorgie devient la treizième colonie américaine (1732), tandis que l’expansion de la Nouvelle-Angleterre menace les établissements français. Le sucre produit sur les plantations des Indes occidentales est devenu la première importation de la Grande-Bretagne, tandis que 70 000 esclaves par an traversent l’Atlantique. Désormais, les Caraïbes britanniques entretiennent des liens plus étroits avec la métropole que les colonies américaines.
L’arrivée de William Pitt encourage la reprise des projets expansionnistes. En 1758, le général Braddock s’empare de la forteresse française de Louisbourg, accédant de ce fait à la vallée du Saint-Laurent ; la même année, le général Wolfe prend Québec. Dans les Caraïbes, les forces britanniques s’emparent d’un grand nombre d’îles sucrières françaises. En Inde, les Britanniques accroissent les régions contrôlées par la Compagnie des Indes orientales. Lors de la bataille de Plassey (juin 1757), Robert Clive bat ses rivaux indiens et français et fait de la Compagnie orientale britannique la première puissance du Bengale.
La rivalité franco-britannique culmine avec la guerre de Sept Ans (1756-1763). Par le traité de Paris, la Grande-Bretagne obtient de la France le reste de l’Amérique française au Canada et à l’est du Mississippi, plusieurs îles des Antilles (Grenade, Saint-Vincent, Tobago), et les comptoirs du Sénégal, à l’exception de Gorée. De l’Espagne, elle reçoit la Floride. Ainsi, à la fin des années 1760, la Grande-Bretagne domine une grande partie de l’Amérique (du Labrador à la Guyane) et de l’Inde (dans la plaine du Gange et dans le Deccan).