britannique, Empire colonial
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britannique, Empire colonial
4. La fin du « Premier Empire britannique », et l'essor du libéralisme

La proclamation de l’indépendance des treize colonies britanniques en 1776, au cours de la guerre de l’Indépendance américaine, sonne le glas du « Premier Empire britannique ». La consolidation et le renforcement du contrôle de Londres sur l’Empire sont désormais les maîtres mots de la politique, d’autant qu’un courant défavorable aux principes de la colonisation se fait entendre. Les grandes fortunes personnelles amassées en Inde par Clive et Warren Hastings (gouverneur général du Bengale de 1772 à 1784), qui leur valent le terme péjoratif de « nabab », déterminent Londres à réguler les affaires de la Compagnie des Indes orientales. La loi indienne de 1785 soumet l’administration de la Compagnie à l’examen d’un comité de surveillance. Sous l’autorité du gouverneur général (1786-1793) lord Cornwallis, l’Inde est dotée d’une administration, tandis que le rôle de la Compagnie des Indes orientales est limité à un rôle commercial. La loi sur le Canada de 1791 tente de rationaliser la présence britannique au nord du 49e parallèle en séparant le Haut-Canada (Ontario) du Bas-Canada (Québec), à forte majorité française. À la suite des explorations du capitaine Cook dans le Pacifique au cours des années 1770, une flotte est envoyée à Botany Bay, en Australie, sous le commandement du capitaine Philip, lequel établit une colonie dans la baie de Sydney en 1788.

Après la bataille de Trafalgar (1805), la Grande-Bretagne, devenue maîtresse des mers et ayant renforcé sa position en Méditerranée, s’efforce de développer un vaste réseau de comptoirs dans les océans Atlantique et Pacifique. En effet, l’objectif n’est pas tant la conquête de nouveaux territoires que la nécessité de trouver de nouveaux débouchés aux produits manufacturés. L’Inde fait néanmoins figure d’exception. Le mandat de gouverneur général de lord Wellesley (1798-1805) est marqué par une série de nouvelles conquêtes, de sorte qu’en 1805 la Grande-Bretagne contrôle effectivement Delhi et a ôté tout pouvoir à l’empereur moghol.

L’Amérique n’est le théâtre d’aucune opération jusqu’à ce qu’un conflit portant sur des droits de neutralité commerciale et des frontières mène à la guerre anglo-américaine, au cours de laquelle les Américains brûlent York dans le Haut-Canada et les Anglais saccagent Washington. La participation des Pays-Bas aux côtés de la France permet à la Grande-Bretagne de s’emparer de possessions comme le cap de Bonne-Espérance, Ceylan et une partie de la Guyane. La majeure partie, sinon l’intégralité, de ces possessions sont conservées par l’accord obtenu au congrès de Vienne en 1815.

À cette date, la Grande-Bretagne est à la tête d’un vaste empire. Aux possessions acquises antérieurement sont adjoints Malte, la Trinité et Sainte-Lucie aux Antilles, l’île Maurice, les Seychelles, la province de Wellesley en Malaisie, et d’importants territoires en Inde et en Australie. D’autres territoires sont conquis par la suite dans le but de faire échec aux ambitions des autres puissances impériales. C’est le cas de Singapour et Malacca (1819, 1824), la Côte-de-l’Or (1821), les Falklands (1833), Aden (1839), la Nouvelle-Zélande (1840) et Hong Kong (1842).

En Inde, où la colonisation est devenue systématique, la révolte des cipayes (1857) amène Londres à considérer différemment sa présence. La Compagnie des Indes orientales est liquidée en 1858 et l’administration passe directement sous le contrôle du gouvernement britannique, avec un vice-roi et un secrétaire d’État propre qui siège au Conseil des ministres à Londres. La volonté de réforme affichée par la Couronne britannique se manifeste également, sous l’effet conjugué d’une surabondance de sucre sur le marché (l’exploitation de la canne à sucre utilisant une main-d’œuvre servile) et d’une campagne anti-esclavagiste, avec une loi interdisant la traite des esclaves en 1807 puis, en 1834, une autre sur l’abolition de l’esclavage (l’émancipation a lieu en 1838). L’abandon de l’ancien système colonial est étroitement lié à l’avènement du libre-échange. En 1851, l’acte de Navigation est abrogé. Progressivement, le principe de « gouvernement responsable » s’impose au détriment d’un contrôle impérial coûteux.

Ce principe est tout d’abord appliqué au Canada en 1840, ce qui permet aux Britanniques de retirer leurs garnisons tout en conservant la mainmise sur les relations internationales et la défense extérieure. En 1867, le Canada obtient le statut de dominion (État politiquement indépendant au sein de l’Empire). Les colonies australiennes se voient octroyer un gouvernement responsable dans les années 1850 (le statut de dominion est octroyé en 1901).