| Carnot, Lazare | Format lecture | ||||
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| 3. | Le stratège de la Révolution ou l’« Organisation de la victoire » |
Nommé membre du Comité de salut public en août 1793, Lazare Carnot prend en charge les questions militaires et obtient le décret sur la levée en masse (16 août 1793). Celui-ci permet, sur le principe de la conscription universelle, la formation d’une véritable armée populaire répartie en quatorze armées, bien supérieure en nombre aux armées de métier qu’oppose la première coalition dans le camp adverse.
Infatigable, Carnot est chargé des subsistances au sein du Comité avec Prieur de la Côte-d’Or et Robert Lindet, il organise également la défense du pays, alors que toutes les frontières de la France révolutionnaire sont menacées. Excellent soldat, il se rend en mission auprès de l’armée du Nord à l’automne 1793, et destitue le général Gratien qui a faibli devant les Autrichiens. Il remporte auprès du général Jourdan la victoire de Wattignies (16 octobre 1793) qui, avec la reprise de Toulon aux Britanniques par Dugommier et Bonaparte, permet dès la fin de l’année 1793 de dégager les frontières de la France.
Se tenant volontairement éloigné des querelles qui agitent le Comité de salut public, peu désireux de voir Robespierre s’ingérer dans les affaires militaires, il appuie le coup d’État du 9 thermidor an II (27 juillet 1794), et parvient à ne pas être atteint par le discrédit qui atteint les artisans de la Terreur — un obscur député le lave de tout soupçon en prononçant ces mots : « Oserez-vous porter la main sur celui qui a organisé la victoire dans les armées de la République ? ».
Élu au Conseil des Anciens puis membre du Directoire en novembre 1795, il redistribue les forces entre les différentes armées et nomme en particulier Napoléon Bonaparte au commandement en chef de l’armée d’Italie. En mai 1797, il fait fusionner le Dépôt de la guerre et le récent Cabinet topographique, offrant ainsi aux généraux l’accès à toute une documentation cartographique précieuse pour de victorieuses opérations militaires. Obligé de gagner la Suisse, puis l’Allemagne, lors du coup d’État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797), il revient en France après le 18 brumaire an VIII.