| Pompadour, marquise de | Format lecture | ||||
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| 3. | Une anoblie à la cour du roi |
| 1. | La maîtresse de Louis XV |
Remarquée par le roi à la forêt de Sénart, elle obtient une résidence à la surintendance du château de Versailles, et devient sa maîtresse officielle en février 1745. Séparée de corps et de biens d'avec son époux, elle est peu après anoblie, et reçoit le titre de marquise de Pompadour, nom du manoir que le roi achète pour elle. Elle obtient ensuite une place de dame du palais de la reine.
Avec l’aide d’un petit cercle de conseillers personnels tels que les frères Pâris, Richelieu, le cardinal de Tencin et sa sœur, elle exerce alors une grande influence sur le monarque, et gouverne véritablement jusqu'à sa disparition. Même lorsque le roi, après cinq ans de liaison, se détourne d'elle pour d'autres femmes, la marquise conserve ce rôle de confidente et de conseillère très écoutée. Elle institue et destitue ainsi de nombreux ministres et autres personnalités politiques.
| 2. | Influences politiques |
En 1745, elle fait disgracier le contrôleur général Orry, hostile aux Pâris ; en 1749, elle fait destituer le conte de Maurepas. En revanche, elle appuie Machault contre le clergé, et permet l'ascension de Bernis, de Choiseul, et du prince de Soubise. En 1757, elle fait disgracier le comte d'Argenson et Machault qui ont tenté de l'éloigner de la cour en utilisant l'attentat de Damiens contre le souverain. Servant ainsi d'intermédiaire entre les ministres et le roi, elle oriente de grandes décisions politiques, comme l'abolition de la Compagnie de Jésus et l'alliance entre la France et son ennemi héréditaire, l'Autriche, durant la guerre de Sept Ans.
Parallèlement, elle est l'objet d'importantes critiques. On lui reproche en particulier ses origines bourgeoises et sa vie dispendieuse. Son influence lui vaut beaucoup d'ennemis, dont le dauphin, et elle fait tomber les nombreuses personnes qui mettent en doute son droit sur les énormes sommes prélevées par le roi sur le Trésor.
| 3. | Une mécène des arts et des lettres |
Son rôle est également fondamental dans le domaine de la pensée, des arts et des lettres où elle s'illustre comme un véritable mécène, contribuant ainsi à l'éclat de cour de Louis XV. Elle réconcilie Voltaire et le roi, et fait donner au philosophe la charge d'historiographe. Elle encourage la publication de l'Encyclopédie, menacée d'interdit. Elle organise des rencontres chez son médecin, le physiocrate Quesnay, entre des penseurs comme Diderot, Helvétius ou d'Alembert. Elle est également favorable au travail de Rousseau. Elle commande des œuvres à des artistes tels que François Boucher, Georges de La Tour, l'ébéniste Jean-François Œben ou le graveur Charles-Louis Cochin. Elle fait nommer son frère, devenu marquis de Marigny, directeur des Bâtiments, et, par là même, permet à ce dernier de contribuer, avec Cochin et Soufflot, à la réaction néoantique contre le rococo.
Après s'être tournée soudain vers la dévotion, puis rapprochée de son ancien mari et de la famille royale, elle meurt à Versailles en 1764, probablement d'un cancer du poumon.