Colette
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Colette
4. L’apothéose de la nature

C’est au volet autobiographique de son œuvre qu’il revient de développer cet apaisement lucide à la Montaigne. Dans la Maison de Claudine (1922) puis dans la Naissance du jour (1928) et enfin dans ce chef-d’œuvre qu’est Sido (1930), Colette recompose savamment ses souvenirs d’enfance pour construire la célébration de la figure de sa mère, Sidonie Landoy, faite de grandeur et de générosité ouvertes à la brutalité des désirs et forces de la nature. Les animaux, et en particulier les chats, qui ont tant contribué à l’image de Colette, prennent leur sens dans cette méditation érotique et morale sur le monde physique comme alternative. La grâce et la courtoisie félines s’opposent à la vulgarité des humains (Dialogues de bêtes, 1904 ; Prisons et Paradis, 1932 ; la Chatte, 1933 ; Julie de Carneilhan, 1941). Elles sont l’inscription discrète de ce culte de la sauvagerie et de la dissidence qui n’a cessé d’être le cœur lyrique de l’œuvre.