Japon
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Japon
2. Milieu naturel
1. Relief

La superficie totale du Japon est de 377 837 km². L’archipel japonais forme l’un des arcs montagneux et volcaniques qui bordent à l’est le continent asiatique. Les îles japonaises s’étendent sur une longueur d’environ 2 500 km, entre l’île russe de Sakhaline au nord et Taïwan au sud. À l’origine partie intégrante du continent asiatique, le Japon s’en est détaché au cénozoïque, lorsque six arcs volcaniques sont entrés en contact, formant notamment la « Fossa Magna » (fracture transversale s’étendant de Toyama jusqu’à la presqu’île d’Izu à 100 km au sud-ouest de Tokyo), et donnant naissance aux plus grands volcans du pays (mont Asama, mont Fuji), ainsi qu’à la chaîne montagneuse des Alpes japonaises. Aux deux extrémités de la Fossa Magna se trouvent les deux plus grandes plaines du pays : la plaine de Niigata, sur la mer du Japon, et la plaine de Tokyo (le Kanto), sur l’océan Pacifique.

Au Japon, la mer (umi) et la montagne (yama) ne sont jamais très éloignées. La montagne couvre les trois quarts du territoire, avec le plus souvent des pentes supérieures à 15 p. 100. L’île la plus septentrionale, Hokkaido, est traversée par plusieurs chaînes volcaniques : la chaîne Daisetsu traverse l’île d’ouest en est et culmine au mont Asahi (2 290 m). Elle est rejointe au sud-ouest par la chaîne Hidaka, qui culmine au mont Poroshiri (2 052 m). Les deux chaînes sont interrompues par la baie d’Uchiura et le détroit de Tsugaru entre Hokkaido et Honshu, puis réapparaissent au nord d’Honshu sous la forme de deux chaînes parallèles : les monts Kitakami, qui plongent dans le Pacifique, et la chaîne des monts Chôkai, qui se prolongent au sud-ouest avec celle des monts Mikuni, jusqu’au centre du Japon. Là convergent plusieurs autres massifs montagneux, parmi lesquels les monts Kiso, Akaishi et Hida, ceinture volcanique plus connue sous le nom d’Alpes japonaises, composée d’une trentaine de sommets de plus de 3 000 m, parmi lesquels le mont Fuji (3 776 m), volcan assoupi et point culminant du pays, le mont Okuhotaka (3 190 m) et le mont Yariga (3 180 m). Une faille de moindre importance que la Fossa Magna interrompt les Alpes japonaises, formant la plaine de Nobi, la baie de Wakasa, la baie d’Ise et le fossé du lac Biwa, ainsi que la baie d’Osaka, de l’autre côté du bloc granitique formé par la péninsule de Kii. Une dernière chaîne montagneuse occupe tout l’ouest de l’île d’Honshu : la chaîne du Chugoku. Les îles Shikoku et Kyushu sont, elles aussi, montagneuses, mais leurs sommets ne dépassent pas 2 000 m d’altitude (mont Ishizuchi, 1 982 m et mont Kuju, 1 788 m). Le volcanisme est très actif à Kuyshu, où se rencontrent les arcs du Japon et des îles Ryukyu, formant de gigantesques caldeiras comme celle de la baie de Kagoshima ou celle du mont Aso (1 592 m).

Les plaines, d’origine alluviale (plaines d’accumulation) ou tectonique (bassins d’effondrement), sont pour l’essentiel périphériques et ne couvrent que 16 p. 100 de la surface du pays. Elles sont toujours exiguës, à l’exception de celles d’Hokkaido (plaines d’Ishikari, au sud-ouest, et de Tokachi, à l’est). Sur l’île d’Honshu, les plus vastes sont celle du Kanto (où se trouvent les villes de Tokyo, Yokohama et Chiba), celle de Nobi (où se trouve Nagoya), et celle du Kansai (où sont situées les villes d’Osaka et de Kobe).

Après la montagne, la mer est le second élément caractérisant le Japon. Le pays, très découpé, est bordé de 29 751 km de côtes, formant des paysages extrêmement divers. Le littoral le plus découpé est celui du Pacifique, en raison de l’action érosive des marées et des violentes tempêtes côtières. Entre Honshu, Shikoku et Kyushu se trouve la mer Intérieure, avec ses quelque 300 îles. Elle communique avec l’océan Pacifique et la mer du Japon par des détroits resserrés qui arrêtent les tempêtes venues de l’océan. La côte ouest de l’archipel japonais, donnant sur la mer du Japon, est peu découpée et ne connaît pratiquement pas de marées. Les échancrures les plus profondes sont les baies de Wakasa et de Toyama.

2. Hydrographie

Le Japon présente sur le plan hydrologique une situation paradoxale. La montagne s’impose partout, mais l’absence de glaciers a façonné un réseau hydrographique particulier. Les rivières et les fleuves japonais sont courts et se caractérisent par une forte pente. Ils sont particulièrement larges, car ils doivent écouler un volume d’eau important en un laps de temps très bref. Le fleuve le plus long, la Shinano, longue de 367 km, prend sa source dans les monts Hida et draine la plaine de Niigata. Parmi les autres cours d’eau importants de l’île figurent la Tone, longue de 322 km et extrêmement large, qui draine la plaine de Tokyo et forme un delta un peu au nord de la capitale, la Kitakami (249 km), qui se jette dans la baie de Matsushima près de Sendai, la Tenryu (213 km) et la Mogami (229 km). Les principales rivières d’Hokkaido sont l’Ishikari (268 km), la Teshio et la Tokachi ; enfin la Yoshino est la plus longue rivière de Shikoku. Les lacs d’origine tectonique ou volcanique sont nombreux : le plus grand est le lac Biwa (670 km²), qui alimente en eau douce les villes d’Osaka et Kyoto.

3. Climat

Les îles japonaises s’étendent en longueur du 30e au 46e degré de latitude nord, ce qui induit d’importants contrastes climatiques, encore creusés par la présence de deux importants courants marins, le Kuroshio et l’Oyashio. L’influence de la masse continentale asiatique est cependant plus essentielle encore. Au cours de la saison froide, le Japon se trouve pris entre l’anticyclone sibérien et le centre dépressionnaire des îles Aléoutiennes. Il reçoit des vents de secteur nord, froids et secs, qui s’humidifient et se réchauffent au contact de la mer du Japon et du Kuroshio, déclenchant d’abondantes précipitations sous forme de pluies et de neige, surtout sur la mer du Japon. Pendant l’été, le Japon se situe entre les basses pressions du continent asiatique et les zones de hautes pressions subtropicales qui remontent vers le nord. Ces flux instables déclenchent des dépressions cycloniques qui passent au-dessus de l’archipel en mai-juin, puis au mois de septembre, occasionnant deux périodes de pluies marquées, dont la première, appelée tsuyu ou baiu (« la pluie des prunes » — ainsi nommée parce qu’elle marque la saison des prunes), peut être diluvienne. D’août à octobre, l’alizé du sud-est s’accompagne de typhons. Tout l’ouest du pays est soumis à leur passage dévastateur.

Ces différents éléments expliquent la variété des moyennes thermiques annuelles : 5 °C à Nemuro (Hokkaido) et 16 °C à Okinawa. Des étés courts et des hivers longs et rudes caractérisent Hokkaido et la portion septentrionale de Honshu. La rigueur des hivers est due en grande partie aux vents de secteur nord-ouest venus de Sibérie, et au courant froid de l’Okhotsk, ou Oyashio, qui s’écoule vers le sud dans la mer du Japon. Shikoku, Kyushu et le sud d’Honshu ont un climat presque subtropical. Elles connaissent des étés très chauds et humides, et des hivers doux avec relativement peu de neige. Le Japon se trouve sur la trajectoire des flux de moussons du sud-est, qui accentuent l’humidité étouffante des étés. Les précipitations annuelles s’échelonnent entre 1 015 mm sur Hokkaido et 3 810 mm dans les régions centrales d’Honshu.

4. Végétation et faune
4.1. Végétation

La grande variété et la luxuriance de la végétation japonaise sont directement liées à la chaleur, à l’abondance des précipitations, à l’humidité des étés et au relief. La forêt couvre 65,8 p. 100 de la superficie totale du pays. Épargnée par les grandes glaciations du quaternaire, elle reste intacte en de nombreux endroits de l’archipel — en particulier dans les montagnes les plus inaccessibles — et se caractérise par un grand nombre d’espèces végétales différentes (environ 17 000), parmi lesquelles une majorité de feuillus. Les pruniers (ume), blancs et rouges, de même que les cerisiers (sakura), à la floraison précoce, constituent, au même titre que le bambou (take) et le pin (matsu), les symboles traditionnels du pays.

On distingue au Japon plusieurs types de paysages. Dans le nord et l’est d’Hokkaido, les conifères forment la majorité de la couverture végétale, associés au bouleau et au frêne. La forêt tempérée réunit feuillus et conifères (chênes, hêtres, érables, thuyas, pins rouges et noirs) au nord d’Honshu. Ensuite, une forêt toujours verte, de type pénétropical, domine à l’ouest : les conifères s’y trouvent mêlés aux bambous, aux magnolias et aux chênes verts. Les conifères issus du reboisement sont désormais majoritaires, mais les espèces insulaires comme le sugi ou le hinoki (sortes de cyprès), qui peuvent atteindre des hauteurs impressionnantes, constituent encore des massifs importants. À Kyushu, à Shikoku et dans le sud de Honshu, on rencontre plutôt des espèces végétales subtropicales, telles que le bambou, le camphrier, le magnolia et le figuier banian. On y cultive aussi l’arbre à thé, l’arbre à laque (uruchi) et l’arbre à cire (haze). Entre les montagnes boisées et les rizières (de 300 à 1 500 m d’altitude) se sont développées de vastes plaines couvertes de bambous nains (sasa), sortes de prairies humides apparues sur d’anciennes forêts brûlées.

4.2. Faune

Le Japon possède une faune diversifiée. Elle comporte 188 espèces de mammifères, 250 espèces d’oiseaux et 87 espèces de reptiles, de batraciens et de poissons. Le seul primate est le singe à face rouge, le macaque du Japon, que l’on trouve sur tout le territoire d’Honshu. Parmi les carnivores, on rencontre encore des ours noirs et des ours bruns. Le renard est très répandu. Le cerf est l’espèce de cervidés la plus commune.

5. Ressources et contraintes du milieu naturel

Le milieu naturel du Japon est pauvre et hostile. L’eau est peut-être la seule richesse naturelle. C’est elle, notamment, qui autorise les cultures irriguées, permettant au Japon de surpasser les meilleurs rendements agricoles mondiaux (le Japon couvre à lui seul 71 p. 100 de ses besoins alimentaires) ; c’est encore elle qui entretient la couverture forestière et qui a permis au pays de se doter d’un potentiel hydroélectrique systématiquement exploité. Les ressources minérales sont, en revanche, extrêmement limitées ; hormis quelques gisements de charbon surexploités, le pays doit importer la majeure partie des matières premières nécessaires à son industrie.

La persistance des fractures et du jeu des plaques tectoniques explique le volcanisme encore actif et une importante sismicité. On recense plus de 250 volcans, dont une trentaine encore en activité. Le Japon subit plus de 5 000 secousses sismiques par an, dont l’épicentre est parfois situé en mer, provoquant alors d’importants raz-de-marée (tsunami). C’est le cas, par exemple, du tremblement de terre de 1923, l’un des plus désastreux de l’histoire du Japon, qui, parti de la baie de Sagami, a fait entre 130 000 et 150 000 victimes à Yokohama et Tokyo. Le nombre élevé des victimes s’explique par la conjonction de différents facteurs : les conduites de gaz souterraines, la pratique des feux ouverts et le nombre élevé de constructions en bois. En 1995, le tremblement de terre de la région de Kobe-Osaka, d’une magnitude de 7,2 sur l’échelle de Richter, a encore fait plus de 6 000 victimes.

Un autre fléau naturel frappe le Japon : les glissements de terrain, fréquents dans les secteurs argileux de l’archipel, affectant de larges langues de terre de 10 à 50 m d’épaisseur, larges parfois de plus de 500 m, et pouvant atteindre une longueur de près de 3 km. Même si leur vitesse d’écoulement est lente, de 3 à 8 m par an, elles dévastent inéluctablement rizières, forêts et agglomérations.