Versailles, traité de
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Versailles, traité de
2. Des négociations difficiles

Le traité de Versailles est négocié pendant la conférence de la Paix de Paris, qui siège à Versailles à partir du 18 janvier 1919. Vingt-sept pays y participent, mais les décisions importantes sont, en fait, prises au sein d'un Conseil des Quatre composé de la France, représentée par Georges Clemenceau, des États-Unis, avec le président Wilson, du Royaume-Uni, avec Lloyd George et de l’Italie, avec Orlando. Les représentants de la République de Weimar, qui a remplacé l'Empire allemand à la fin de la guerre (9 novembre 1918), sont exclus des discussions. L'élaboration du texte final, un document volumineux de 440 articles, nécessite six mois de travail et la mise en place d'une organisation importante, avec de multiples commissions et la présence de centaines de diplomates et d'experts.

Les négociations du traité ne se font pas sans heurts : les Alliés ne partageant pas la même logique face à l'instauration de la paix en Europe, le traité est un compromis entre les parties en présence. La France, exsangue et soucieuse d’assurer avant tout sa sécurité, veut annexer la rive gauche du Rhin, contrôler la Ruhr et obtenir des réparations financières considérables. Elle s'oppose aux Anglo-Saxons qui, essentiellement pour des raisons commerciales, ne veulent pas écraser l'Allemagne. L'Italie quitte un temps la conférence après avoir essuyé un refus à sa volonté d'annexer Fiume et la Dalmatie — annexion prévue par un traité secret signé à Londres en 1915, mais que Wilson ne reconnaît pas. La Chine quitte également la conférence après le déclenchement d'un confit avec le Japon à propos des concessions allemandes de la province chinoise de Shandong. Les Alliés parviennent enfin à adresser le texte du traité au gouvernement allemand le 17 juin 1919.