| Wagner, Richard | Format lecture | ||||
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| 2. | Vie |
Né à Leipzig, dans une famille issue de la petite bourgeoisie, Richard Wagner commence ses études à Dresde et les poursuit ensuite dans sa ville natale. Passionné depuis son enfance par la poésie et le théâtre, la découverte de Beethoven et de Weber l’oriente également vers la composition musicale et l’étude du piano. Alors qu’il est maître de chœur à Würzburg en 1833 et chef d’orchestre à l’opéra de Magdebourg en 1834, Wagner fait représenter ses premiers opéras (les Fées et la Défense d’aimer d’après Mesure pour mesure de Shakespeare), mais ceux-ci sont boudés par le public.
Après son mariage avec l’actrice et cantatrice Minna Planer (1836), Wagner est nommé chef d’orchestre à Riga. Couvert de dettes, il quittera cette ville en 1839 pour s’installer à Londres. Demeurant ensuite à Paris, il fait la connaissance de Heine, Liszt et Berlioz, achève Rienzi et écrit le Vaisseau fantôme (le titre en allemand, Der Fliengende Holländer, signifie le Hollandais volant), œuvre dans laquelle il utilise les motifs mélodiques ou thèmes conducteurs appelés leitmotive. Installé à Dresde en 1842, au moment où triomphe Rienzi, il est appelé à diriger la chapelle de la cour de Saxe et commence les Maîtres chanteurs de Nuremberg qui sera créé en 1868. Il compose également les opéras romantiques Tannhäuser (1842-1845 ) et Lohengrin (1846-1848).Il compose également l’opéra romantique . Soucieux de défendre les idées libérales qui se propagent auprès de la jeunesse allemande dès 1848, Wagner prend part aux combats des mouvements révolutionnaires et doit s’exiler à Paris, puis à Zurich où il réside une dizaine d’années. C’est en Suisse qu’il rédige (marqué par la philosophie de Schopenhauer et de Feuerbach) les textes théoriques sur lesquels reposera sa création (l’Art et la Création en juillet 1849 ; l’Œuvre d’art de l’avenir en novembre 1849 ; Opéra et drame en janvier 1851). Mais c’est précisément à l’« Asile », le chalet qu’Otto et Mathilde Wesendonck ont mis à sa disposition, qu’il conçoit la Tétralogie, ce monument de la musique constitué de quatre œuvres (l’Or du Rhin, la Walkyrie, Siegfried, le Crépuscule des dieux) et connu également sous le nom de l’Anneau du Nibelung.
Très épris de Mathilde Wesendonck, Wagner lui dédie des lieder et, fuyant le scandale qui résulte de sa liaison, gagne Venise où il achève la composition de Tristan et Isolde (1859), symbole lyrique de leur impossible passion. Il reprend ensuite sa vie d’errance, ponctuée par l’échec de Tannhäuser lors de la création parisienne, en 1861, et des tournées à travers toute l’Europe.
En 1864, Louis II l’invite à Munich, mettant ainsi un terme à sa situation précaire. Le roi de Bavière, passionné par sa musique, met en effet à sa disposition tous les moyens humains et financiers nécessaires à la représentation de ses œuvres. Néanmoins, sa liaison avec Cosima, fille de Liszt et épouse de son chef d’orchestre Hans von Bülow, met en effervescence jaloux et intrigants politiques dont Wagner est la victime. À un point tel qu’il sera contraint une nouvelle fois de s’exiler en Suisse, à Triebschen, sur les rives du lac des Quatre-Cantons, où Cosima viendra le rejoindre. Là, il tisse des liens d’amitié avec le philosophe Friedrich Nietzsche, achève les Maîtres chanteurs, ainsi que la Tétralogie (1873-1874), et continue de dicter à Cosima son autobiographie intitulée Ma vie (qui sera publiée en 1911). Outre de nouveaux textes théoriques, Wagner rédige également des pamphlets où il exprime sa peur du croisement des races, mais où il vante aussi la pureté du peuple germanique. Ses opinions, fortement teintées de nationalisme, seront reprises par les idéologues du parti nazi au XXe siècle (voir national-socialisme).
Les derniers efforts de Wagner portent sur la réalisation d’une salle (Festspielhaus) qu’il veut idéale pour la représentation intégrale de la Tétralogie. Son choix se porte sur la petite ville de Bayreuth en Bavière, et le soutien pécuniaire attendu viendra, pour grande partie, de son mécène le roi Louis II, toujours dévoué à sa cause. L’inauguration a lieu en 1876, en présence notamment de l’empereur d’Allemagne Guillaume Ier, et constitue un événement artistique majeur dans l’histoire de la musique allemande du XIXe siècle. Peu après avoir achevé Parsifal, à Palerme en 1882, opéra mystique largement inspiré par la légende du Graal, Wagner s’éteindra à Venise, au palais Vendramin. Il repose dans le jardin de Wahnfried, sa villa de Bayreuth, lieu de pèlerinage mondialement connu et rendez-vous annuel des fervents du légendaire Festival que les descendants de Wagner continuent d’organiser et de promouvoir.