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Le petit caporal |
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Ses origines |
Né le 15 août 1769 à Ajaccio, un an après l’achat de la Corse par Louis XV à la république de Gênes, Louis Napoléon Bonaparte est le deuxième fils de Carlo Maria Buonaparte et de Maria Letizia Ramonilo. Issu d’une famille de treize enfants (huit atteignent l’âge adulte), il appartient à la petite noblesse corse d’origine génoise : son père, avocat, a lutté pour l’indépendance de la Corse contre les troupes royales au côté de Pasquale Paoli. Enfant turbulent, querelleur et orgueilleux, « corse de caractère et de nation », il est élevé dans le ressentiment vis-à-vis de la France.
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Ses études |
Afin de récompenser la noblesse corse ralliée à la France, le roi accorde des bourses d’études aux enfants des anciens paolistes. Napoléon et son frère Joseph partent alors étudier au collège d’Autun (1778). L’année suivante, Napoléon est admis à l’école militaire de Brienne (1779-1784), puis à l’école royale militaire de Paris. En 1785, à l’âge de seize ans, il est reçu en qualité de lieutenant en second dans l’artillerie et affecté en garnison à Valence. La même année, la mort de son père le contraint à prendre la défense des intérêts familiaux et à sacrifier sa solde pour l’entretien de ses frères et sœurs. Doué pour les mathématiques, il n’en dévore pas moins des traités d’art militaire, lit les philosophes (particulièrement Montesquieu, Rousseau et Voltaire) et les grands penseurs politiques (dont Mirabeau et Necker). Son caractère farouche d’insulaire le rend insociable, frondeur, sauvage et silencieux avec ses condisciples, dans une métropole où il se sent longtemps étranger.
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Patriote corse et jeune officier français |
Bonaparte s’enthousiasme pour la Révolution, d’autant que le mouvement révolutionnaire peut servir ses ambitions : l’abolition des privilèges, la nuit du 4 août 1789, annule le décret cantonnant les petits nobles au rang de cadre inférieur de l’armée, lui ouvrant ainsi toutes grandes les portes de la carrière militaire. Mais dans un premier temps, ses ambitions se concentrent seulement sur son île natale. Pour échapper à l’ennui des nominations de garnison en garnison (Lyon 1786, Douai 1787, Auxonne 1788, Valence 1791), il séjourne souvent en Corse et s’engage dans les luttes politiques de l’île. Il commande d’abord un bataillon de volontaires et se bat contre les troupes du roi.
Réintégré néanmoins dans l’armée royale et nommé capitaine, il reprend bientôt la lutte en tant que lieutenant-colonel de la Garde nationale d’Ajaccio et s’oppose alors aux paolistes qui cherchent à établir l’indépendance de l’île avec l’appui des Anglais. En juin 1793, lors de la déclaration de l’indépendance de la Corse, le « traître », en déroute, se réfugie avec sa famille à Marseille et se rallie définitivement à la France et à la république.
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