| Napoléon Ier | Format lecture | ||||
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| 4. | L’homme du 18 Brumaire |
| 1. | Le 18 Brumaire et la Constitution de l’an VIII |
Le 9 novembre 1799 (18 brumaire an VIII), dans la confusion, Bonaparte pénètre avec ses troupes au Conseil des Cinq-Cents. Voyant son frère menacé d’être mis hors-la-loi, Lucien retourne la situation et accuse les députés d’être soumis à l’Angleterre. Les conjurés profitent alors de la confusion pour désigner un Consulat provisoire à la tête duquel ils nomment le général Bonaparte assisté de Ducos et Sieyès, qu’ils pensent pouvoir tous trois manipuler. Mais Bonaparte montre vite sa personnalité : en dictant la Constitution autoritaire de l’an VIII, il renforce à son profit le pouvoir exécutif, se réservant l’initiative des lois et la possibilité d’avoir recours au plébiscite. Sous ce nouveau régime inaugurant une forme de gouvernement direct, il devient Premier consul (assisté de Cambacérès et Lebrun, dont le rôle n’est que consultatif) et émiette le pouvoir législatif en assemblées dénuées de prérogatives. Déjà assuré de tous les pouvoirs, le plébiscite de 1802 confirme sa popularité et la Constitution de l’an X le désigne consul à vie.
| 2. | La poursuite de la paix |
Face à la désorganisation générale à laquelle il est confronté, Napoléon exige union, discipline et obéissance. En France, il contraint les chouans à déposer les armes (janvier et février 1800). Pour ôter aux royalistes leur soutien religieux, il conclut avec le pape Pie VII le Concordat de 1801, s’arrogeant un droit de veto sur les nominations ecclésiastiques. Au rétablissement de l’Église et du culte catholique succède l’amnistie des émigrés, le 26 avril 1802. Ces événements favorisent le retour des émigrés et imposent la politique de réconciliation nationale.
À l’extérieur, Bonaparte décide de nouvelles campagnes, pour contrer la deuxième coalition. Il triomphe à Marengo en Italie (14 juin 1800), de même que Moreau à Hohenlinden en Allemagne (3 décembre 1800), ce qui contraint l’Autriche à confirmer la paix de Campoformio par celle signée à Lunéville le 9 février 1801 et garantit le Rhin comme frontière orientale de la France. Avec l’Angleterre, Bonaparte signe la courte paix d’Amiens, le 25 mars 1802. Après dix ans de guerre en Europe, le Premier consul parvient à établir une paix fragile mais essentielle, puisque, déjà, elle est la reconnaissance de sa puissance. Parallèlement, il donne une constitution à la Hollande, devient médiateur de la Confédération des cantons suisses (19 février 1803), président de la République italienne après avoir annexé Parme et le Piémont, et, s’il développe des projets d’expansion coloniale vers Saint-Domingue, la Louisiane et l’Inde, c’est que sa puissance tend encore à s’étendre.
| 3. | Les premières transformations |
Afin d’organiser la paix napoléonienne, Bonaparte met en place de nombreuses réformes. Il rassure la bourgeoisie en réaffirmant la liberté d’entreprise et en renonçant au concept aristocratique de la propriété. En créant la Banque de France, en assurant une monnaie stable (le franc germinal) et grâce aux butins de ses conquêtes, il réorganise les finances de l’État. Au niveau économique, pour redonner confiance aux entrepreneurs, il interdit les grèves et, pour l’ouvrier, réintroduit l’obligation du livret de travail, le soumettant à la surveillance. En créant l’ordre de la Légion d’honneur (18 mai 1802), il cherche à fonder une nouvelle élite fondée non plus sur les privilèges, mais sur le mérite civil et militaire. De même, en 1802, il développe l’enseignement public avec la création des lycées, dispensant une instruction à la fois scientifique et classique ; ainsi favorise-t-il cette bourgeoisie dont il cherche à obtenir le soutien. Cependant, il prolonge la confiscation des libertés politiques, rétablit la censure à l’encontre de la presse et réduit l’opposition en développant une surveillance policière efficace et continue. Il réorganise la sécurité intérieure du pays, en confiant la Sûreté à Fouché.
En échange des libertés confisquées, il entreprend une réorganisation de l’ensemble de l’appareil administratif et juridique. En créant, dans le cadre du département, la fonction de préfet, relais direct de son autorité chapeautant les collectivités locales existantes, il contribue à perpétuer la centralisation administrative commencée sous l’Ancien Régime et prolongée par la Révolution. Dans le domaine administratif, il promulgue le Code civil (appelé également Code Napoléon) le 21 mars 1804. Cette unification de la législation lui permet d’assurer la libre entreprise, de garantir l’inviolabilité de la propriété privée et de réaliser, une fois encore, un audacieux compromis qu’il n’a de cesse de prolonger (par le Code des procédures civiles en 1806, du commerce en 1807, d’instruction criminelle en 1808 et le Code pénal en 1810), modifiant durablement et profondément les structures juridiques de la France.