| Napoléon Ier | Format lecture | ||||
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| 6. | La chute de l’Aigle |
| 1. | L’abdication |
De 1811 à 1812, Napoléon réunit à nouveau la Grande Armée et, en mai, en représailles envers le tsar qui s’apprête à s’unir aux aristocraties coalisées, Napoléon prend le commandement de la campagne de Russie. Le 14 septembre, il pénètre à Moscou, mais l’incendie qui ravage la ville détruit le ravitaillement de ses troupes. Avec l’hiver qui commence, il lui est impossible de poursuivre l’armée du tsar. La retraite de Russie est une longue marche de retour, désastreuse, où une grande partie des troupes se perd dans les eaux glacées de la Berezina.
Malgré la montée du mécontentement intérieur, la défection de certains de ses proches (comme Bernadotte et Murat, qui rejoignent la coalition), la saignée démographique masculine due à la multiplication des conscriptions et la conspiration du général Malet à Paris, Napoléon réunit une armée de jeunes conscrits, les « Marie-Louise ». Alors que la Russie prend la tête de l’opposition — réaction antinapoléonienne contre-révolutionnaire, liguant la Prusse, l’Allemagne, l’Autriche et l’Angleterre contre lui —, Napoléon parvient à remporter de nouvelles victoires à Lützen et à Bautzen en mai 1813. L’armistice conclu par le chancelier autrichien Metternich est de courte durée ; Napoléon est battu à Leipzig en octobre et se replie en France. L’Allemagne est abandonnée, la Hollande s’insurge, et Joseph, défait à Vitoria en juin, quitte la péninsule Ibérique. La France est envahie. Malgré les désertions, Napoléon parvient à lever encore 60 000 hommes. Mais la campagne de France se solde par la chute de Paris le 31 mars 1814. Les maréchaux d’empire refusent alors de continuer le combat ; Napoléon est déchu par le Sénat le 3 avril. Le traité de Fontainebleau, signé le 11, confirme son abdication sans conditions.
Les Alliés lui concèdent alors, comme seul royaume, l’île d’Elbe en Méditerranée, où il s’exile avec quelques fidèles. Marie-Louise et son fils, l’Aiglon, sont confiés à la garde de l’empereur d’Autriche.
| 2. | Les Cent-Jours |
Alors qu’en France une opposition bonapartiste s’organise contre le fragile régime du roi Louis XVIII, Napoléon s’échappe de l’île d’Elbe et débarque à Golfe-Juan. Il marche alors sur Paris, remontant d’un vol d’aigle la route qui prend bientôt son nom, gagnant à sa cause les troupes envoyées pour le capturer, soutenu par le peuple fidèle et rejoint par les combattants qui ont servi au cours de ses campagnes. Quand il arrive aux Tuileries, Louis XVIII a déjà fui. Contenant l’élan révolutionnaire, Napoléon promulgue une nouvelle constitution, proche de la Charte de Louis XVIII. Pour éviter que les armées coalisées ne se rejoignent en Belgique, l’Empereur prend l’initiative de l’attaque et bat les Prussiens à Ligny le 16 juin. Mais à Waterloo, le 18 juin 1815, il est vaincu par les armées de Wellington, rejointes par celles de Blücher que le marquis de Grouchy n’a pu contenir. Napoléon souhaite continuer la lutte, mais l’hostilité des députés le pousse à abdiquer une nouvelle fois, le 22 juin.
| 3. | L’exil et la mort |
Ayant perdu tout appui politique et n’ayant pas réussi à retrouver l’alliance déterminante des notables, dont il a pourtant assis la situation, Napoléon se réfugie à Rochefort. Il embarque sur le navire britannique Bellerophon et est exilé à Sainte-Hélène, île rocheuse désolée et battue par les vents au sud de l’océan Atlantique. Il y passe les six dernières années de sa captivité avec quelques fidèles, tel Emmanuel de Las Cases auquel il dicte le Mémorial de Sainte-Hélène. Durant son exil, il construit sa légende, devient le martyr de la Sainte-Alliance des « rois oppresseurs des peuples ». L’Empereur doit subir les brimades du gouverneur de l’île, Hudson Lowe, effrayé à l’idée d’une possible évasion. Le 5 mai 1821, il meurt des suites d’un douloureux cancer de l’estomac — qui le pousse depuis longtemps à porter sa main sur son ventre pour soulager sa douleur.