| Sécession, guerre de | Format lecture | ||||
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| 4. | L'abolition de l'esclavage |
À la fin de la guerre, Lincoln et le Congrès précisèrent que leur seul objectif était de maintenir la suprématie de la Constitution et de préserver l'Union. Conscient du besoin de conserver la loyauté des États frontaliers esclavagistes, le Président fit preuve de beaucoup de prudence pour régler la question de l'esclavage, mais il ne put l'éviter. Non seulement les esclaves rejoignaient les lignes de l'Union et réclamaient leur liberté mais la main d'œuvre des esclaves représentait une valeur essentielle dans l'effort de guerre confédéré. De plus, les esclaves affranchis pouvaient s'enrôler dans l'armée de l'Union. À la fin de la guerre, quelque 186 000 hommes noirs, généralement recrutés ou conscrits dans les États esclavagistes, s'étaient battus du côté de l'Union.
Le 6 août 1861, le Congrès adoptait un projet de loi sur la confiscation, qui demandait la saisie de tous les biens, esclaves compris, utilisés « en faveur de la rébellion ». Néanmoins, le statut juridique de ces esclaves resta incertain et la politique fédérale tergiversa pendant les dix-huit premiers mois de la guerre.
La proclamation préliminaire d'émancipation, prononcée par Lincoln en septembre 1862, stipulait que, dès le 1er janvier 1863, dans les États ou portions d'États toujours engagés dans la rébellion, les esclaves seraient « pour toujours libres ». Malgré le sursis accordé au Sud, Lincoln pensait qu'il serait fort improbable que les États confédérés rejoignissent l'Union. Néanmoins, en partie pour apaiser un public nordiste sceptique, Lincoln avait clairement dit que la préservation de l'Union, et non l'abolition de l'esclavage, restait son principal objectif. Lorsque, par la suite, il émit la proclamation d'émancipation, Lincoln la défendit par des arguments de nécessité militaire ; l'émancipation, déclara-t-il, affaiblirait les forces productives de la Confédération et, ainsi, accélérerait la fin de la guerre. Le Tennessee et les États frontaliers loyaux et esclavagistes furent exclus de la proclamation alors que furent désignées des portions de la Louisiane, de la Virginie et de la Virginie-Occidentale. Le 13e amendement à la Constitution, qui abolissait l'esclavage sur l'ensemble du territoire des États-Unis, fut ratifié en décembre 1865.
Lorsque le Tennessee, la Louisiane et la Caroline du Nord furent quasiment sous le contrôle des armées nordistes, Lincoln nomma des gouverneurs militaires pour ramener ces États dans l'Union. Le 8 décembre 1863, le Président émit une proclamation d'amnistie et de reconstruction. À l'exception des hauts dignitaires militaires et civils de la Confédération ou de ses États, tous les Sudistes qui prêteraient un serment de loyauté à la Constitution et jureraient d'obéir à la législation de temps de guerre et aux proclamations relatives à l'esclavage seraient amnistiés. Dès que 10 p. 100 de l'électorat de 1860 d'un État auraient respecté ces clauses, cet État serait en mesure de rédiger une nouvelle Constitution, d'élire de nouveaux officiers d'État et d'envoyer des représentants au Congrès. Ce plan devint la base du programme présidentiel de la Reconstruction, qui fit se confronter âprement au Congrès Lincoln avec les républicains qui réclamaient une protection pour les esclaves affranchis et une reconstruction plus ambitieuse.