| Sécession, guerre de | Format lecture | ||||
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| 3. | Le déroulement des hostilités |
Au début du conflit, les deux parties en présence étaient persuadées d'aboutir à une victoire rapide. En mai 1861, les troupes de l'Union traversèrent le Potomac, prirent Alexandria (Virginie) et se déplacèrent vers le nord-ouest de la Virginie. Le 21 juillet, lors de la première bataille de Bull Run, les troupes confédérées, sous le commandement du général Beauregard dont les renforts étaient arrivés à temps, remportèrent une victoire retentissante. Le résultat ne fut pas très important sur le plan militaire, mais l'échec obligea un Nord humilié à abandonner ses espoirs d'une guerre de quatre-vingt-dix jours et à lever une armée plus substantielle. En revanche, le Sud quitta Bull Run avec une confiance aveugle qui l'empêcha de se préparer soigneusement au long conflit à venir.
| 1. | Les États frontaliers |
Malgré l'accalmie militaire en 1861, le Nord enregistra quelques succès importants en ralliant les États frontaliers du Maryland, du Delaware, du Kentucky et du Missouri, où, bien que le sentiment unioniste prédominât, les sécessionnistes étaient également nombreux. L'importance du Maryland tenait à la proximité de Washington et à la position de Baltimore, nœud ferroviaire vital vers le Midwest. Le Kentucky et le Missouri jouaient aussi un rôle important dans la stratégie militaire du Nord car ils contrôlaient l'accès aux vallées du Mississippi, du Tennessee et du Cumberland, par lesquelles les forces de l'Union pouvaient porter la guerre au cœur de la Confédération. Pour s'assurer la loyauté du Maryland, les troupes de l'Union occupèrent Baltimore et imposèrent la loi martiale. Le Kentucky cherchait à garder sa neutralité, mais, en septembre 1861, lorsque les troupes confédérées traversèrent l'État, les habitants soutinrent massivement la cause de l'Union. Au Missouri, les troupes de l'Union aidèrent à protéger l'État en poussant vers l'exil le gouverneur qui défendait les confédérés. En Virginie, les comtés renièrent l'ordonnance de sécession, formèrent un gouvernement provisoire et, en 1863, furent admis dans l'Union comme le nouvel État de Virginie-Occidentale.
| 2. | Les défaites de l'Union à l'Est |
En 1862, lors de la bataille des sept jours (du 25 juin au 1er juillet), aucun camp ne fut en mesure de porter un coup mortel à l'autre. Les Nordistes, sous le commandement du général McClellan, se croyant largement inférieurs en nombre, décidèrent de se replier vers le fleuve James, ce qui clôtura lamentablement sa « campagne de la Péninsule ».
Le 30 août 1862, lors de la deuxième bataille de Bull Run, les armées confédérées de Lee, de Jackson et du général James Longstreet infligèrent de sévères pertes aux troupes de l'Union qui furent refoulées vers Washington. À la suite de cette victoire, Lee, en septembre 1862, envahit le Maryland avec 50 000 hommes. La sanglante bataille d'Antietam (17 septembre), au cours de laquelle 12 000 Nordistes et 12 700 Sudistes furent tués ou blessés, le contraignit à rentrer en Virginie.
À la fin de 1862, l'armée nordiste du Potomac reprit l'offensive sur Richmond. Le 13 décembre, le général Ambrose E. Burnside choisit, à tort, de défier les défenses presque imprenables de Lee aux alentours de Fredericksburg (Virginie), sur la rivière Rappahannock. Lors de ce nouveau désastre, les forces de l'Union eurent plus de 10 000 tués et blessés et durent se replier à Washington.
| 3. | Les premiers succès de Grant sur le Mississippi |
Alors que le front est se trouvait dans une impasse, les opérations militaires de l'Union à l'Ouest s'avérèrent plus fructueuses. L'objectif était de contrôler la vallée du Mississippi pour couper la Confédération en deux et arrêter le ravitaillement en hommes, en vivres et en munitions, depuis la Louisiane, le Texas et l'Arkansas. En juin 1862, les troupes de l'Union, sous le commandement de Grant, parvinrent à occuper le majeure partie du Tennessee et à contrôler le Mississippi jusqu'à Memphis.
Suivant un plan stratégique coordonné, les forces de l'Union remontèrent aussi le Mississippi par le Sud. En avril 1862, une escadrille navale, commandée par le capitaine David G. Farragut, avait percé les défenses confédérées à l'embouchure du Mississippi et imposé la reddition de La Nouvelle-Orléans (Louisiane). Pendant les derniers mois de 1862, Grant consolida sa position sur le Mississippi et se prépara à attaquer Vicksburg, dernier bastion confédéré perché sur des falaises surplombant le Mississippi. La forteresse résista aux attaques de l'Union.
| 4. | Le tournant de la guerre |
Sur le front Est, après la victoire sur l'Union à Chancellorsville en Virginie (2-4 mai 1863), où Lee perdit toutefois un cinquième de ses hommes ainsi que son brillant général, Stonewall Jackson, les troupes confédérées marchèrent sur la Pennsylvanie. Lee espérait ainsi soulager la pression exercée sur les forces confédérées assiégées à l'ouest et inciter un Nord las de la guerre à trouver un accord de paix. Les deux armées s'affrontèrent à Gettysburg (Pennsylvanie) du 1er au 3 juillet. Cette bataille, décisive pour bon nombre d'observateurs, fut une victoire nordiste. Sur le front ouest, en avril 1863, Grant prépara ses troupes pour tenter une nouvelle fois de prendre l'offensive. La prise de la place sudiste de Vicksburg, le 4 juillet, au lendemain de la bataille de Gettysburg, permettait à l'Union de contrôler le Mississippi et de diviser les forces confédérées.
Fin 1863, la guerre avait tourné à l'avantage de l'Union. Après sa défaite à Gettysburg, Lee ne put soutenir aucune autre opération offensive dans le Nord. À l'ouest, l'armée de l'Union avait divisé la Confédération et son succès à Chattanooga (23-25 novembre 1863) permit de porter la guerre en Alabama et en Géorgie.
| 5. | Le plan de Grant pour la victoire |
Lincoln nomma Grant commandant en chef de toutes les forces de l'Union début 1864. Celui-ci conçut une stratégie qui resserrerait l'étau autour de la Confédération. L'armée du Potomac, dirigée par lui-même et Meade, affronterait Lee en Virginie du Nord et se dirigerait sur Richmond. Une armée commandée par Sherman avancerait vers le sud en partant de Chattanooga pour atteindre la Géorgie et prendre Atlanta. Une autre armée sous les ordres du général Philip Sheridan opérerait dans la vallée de la Shenandoah et, à partir de là, priverait les forces de Lee de ravitaillement et de nourriture.
| 6. | La campagne de la Wilderness |
Fin mars 1864, l'armée du Potomac, composée de 115 000 hommes, commença sa progression. Lorsqu'elle atteignit une région désolée, du nom de Wilderness, près de Chancellorsville, les forces de l'Union affrontèrent l'armée de Lee composée de 62 000 hommes. Lors d'une bataille de deux jours (5 et 6 mai) qui se déroula presque entièrement dans une forêt dense, quasiment impénétrable, les deux camps enregistrèrent de lourdes pertes. Pourtant, contrairement à ses prédécesseurs, Grant continua d'avancer, déterminé qu'il était à maintenir la pression sur l'ennemi. Les deux armées se heurtèrent une nouvelle fois à Spotsylvania Courthouse (du 8 au 12 mai), en Virginie ; les deux camps connurent d'importantes pertes sans qu'aucun d'entre eux ne pût prendre le dessus.
| 7. | La prise d'Atlanta |
Dans la vallée de la Shenandoah, l'armée de Sheridan affronta les forces confédérées et les força à se retirer de la région. À l'été 1864, avec une réussite encore plus écrasante, Sherman et ses 90 000 hommes avancèrent sur Atlanta (Géorgie). Ils coupèrent la principale ligne d'approvisionnement d'Atlanta et, le 1er septembre, les troupes confédérées abandonnèrent la ville. Le Nord, bien que las de la guerre et déçu de l'impasse continuelle dans laquelle il se trouvait en Virginie, accueillit avec enthousiasme les victoires de Sheridan et de Sherman qui, sans aucun doute, allaient favoriser la réélection de Lincoln en novembre.
Après avoir perdu Atlanta, l'armée confédérée sous les ordres du général John Bell Hood essaya de miner la ligne d'approvisionnement de Sherman. Pour ce faire, il avança avec audace dans le Tennessee en supposant que Sherman serait obligé de le suivre pour protéger Chattanooga. Au lieu de cela, Sherman prépara son armée à se diriger au travers de la Géorgie vers Savannah et la mer. À la bataille de Nashville (15 et 16 décembre 1864), un corps de l'Union remporta une victoire décisive sur Hood, brisant ainsi la résistance confédérée dans l'Ouest.
| 8. | La défaite du Sud |
Le 15 novembre, Sherman commença à avancer vers la mer. Laissant Atlanta en flammes, son armée de 60 000 hommes se rendit en Géorgie sans rencontrer la moindre résistance sur un front de 96 km de long. Vivant des ressources du pays au fur et à mesure de leur progression, les troupes de l'Union détruisirent systématiquement tout ce qui pouvait aider à soutenir l'effort de guerre confédéré. Savannah tomba peu avant Noël. L'armée de Sherman continua d'avancer vers le nord, en direction des Carolines, sans rencontrer beaucoup d'opposition. En avril 1865, Mobile, Selma et Montgomery en Alabama tombèrent aux mains des forces de l'Union. Au même moment, Sheridan se prépara à rejoindre Grant pour un assaut final contre l'armée de Lee.
En Virginie, Grant réussit finalement, en avril 1865, à prendre la ligne de chemin de fer qui ravitaillait Richmond. Contraint, par conséquent, à abandonner à la fois Petersburg et Richmond, Lee se replia vers l'ouest, espérant rejoindre l'armée confédérée de Joseph Johnston en Caroline du Nord. Grant bloqua son chemin et, le 9 avril 1865, Lee se rendit à Grant dans la petite ville d'Appomattox, au sud-ouest de la Virginie. Avec la reddition de Lee, les autres armées confédérées s'effondrèrent rapidement.
| 9. | La guerre maritime |
Lincoln avait ordonné un blocus de tous les ports sudistes afin qu'aucun approvisionnement essentiel ne parvînt à la Confédération. La marine de l'Union existait à peine à cette époque-là, ses bateaux ayant été conçus pour combattre en haute mer et non pour bloquer les ports. C'est pourquoi, avant de mettre en place le blocus, il fallut concevoir de nouveaux bateaux et mener plusieurs batailles.
Pour casser le blocus, qui prit effet en 1862, le Sud dévoila une nouvelle arme, le Merrimack, frégate à vapeur abandonnée par l'Union que les confédérés recouvrirent de feuilles de blindage métallique pour le convertir en un cuirassé capable de détruire la marine nordiste. Le 8 mars 1862, le Merrimack (rebaptisé le Virginie) quitta le port de Norfolk (Virginie) pour atteindre Hampton Roads où il coula facilement deux vaisseaux nordistes. Ce fut une brillante démonstration de la supériorité des cuirassés sur les bateaux de bois devenus obsolètes. Toutefois, lorsque le Merrimack réapparut le lendemain, il rencontra un tout nouveau navire nordiste, le Monitor. Il s'ensuivit une bataille spectaculaire qui dura plusieurs heures pendant lesquelles aucun des cuirassés ne subit de graves dommages ni ne remporta de victoire décisive.
Tout au long de la guerre, la marine nordiste mena d'importantes opérations pour soutenir l'armée. En 1861, des opérations conjointes protégèrent les têtes de pont de Hatteras Inlet (Caroline du Nord) et de Port Royal (Caroline du Sud). La prise de Fort Henry en février 1862 et la chute de La Nouvelle-Orléans le 1er mai, toutes deux obtenues avec une aide navale importante, permirent à l'Union de contrôler les fleuves Mississippi et Tennessee.
Bien que le Sud manquât d'une marine importante, les raiders confédérés menèrent plusieurs combats maritimes dans diverses parties du monde contre les navires marchands de l'Union. Celui qui infligea le plus de dommages fut l'Alabama, construit en Angleterre.
| 10. | Les relations avec l'étranger |
Pour rendre son choix d'indépendance crédible, la Confédération attendait une reconnaissance et un soutien de l'étranger, en particulier des deux grandes puissances européennes, le Royaume-Uni et la France. Cette confiance reposait, pour une grande partie, sur le fait que ces deux nations dépendaient du coton sudiste pour leurs industries textiles. L'Angleterre, par exemple, importait 75 p. 100 de son coton du sud des États-Unis. Alors que le commerce était mis en danger par le blocus naval de l'Union, les confédérés comptaient sur une intervention européenne en leur faveur.
En 1861, la déclaration officielle de neutralité du Royaume-Uni et de la France dans la guerre de Sécession signifiait que la Confédération était reconnue comme puissance belligérante. Cette déclaration encouragea le Sud alors qu'elle suscita une vive protestation de la part de l'administration Lincoln. Quand deux représentants confédérés furent arrêtés par les autorités de l'Union sur un navire à vapeur britannique, le Trent, en 1861, Lincoln les relâcha suite aux pressions exercées par les Britanniques. En 1863, en revanche, l'ancienne métropole accepta d'interdire la construction de navires de guerre confédérés dans les chantiers navals britanniques.
La « diplomatie du coton » de la Confédération fut minée de plusieurs façons. Avant la déclaration de guerre, les fabricants de textile britanniques avaient stocké de grandes quantités de coton. Le Royaume-Uni et le nord des États-Unis, par ailleurs, étaient engagés dans un commerce réciproque très profitable, l'Union achetant des armes et des produits finis et le Royaume-Uni achetant le blé nordiste. Finalement, avec la proclamation d'émancipation, l'opinion publique à l'étranger soutint fermement la cause de l'Union. Tout cela, ajouté au tournant que prit la guerre après 1863, voua à l'échec la demande de reconnaissance et d'intervention étrangères que faisait la Confédération.