| Format recherche | vampire | Format lecture |
| 1. | Présentation |
vampire, dans les croyances populaires, mort vivant qui s’extrait de sa tombe à la nuit tombée afin de se nourrir du sang des vivants endormis.
| 2. | Origines du mythe |
Les croyances rattachées à l’existence de démons, de divinités et de créatures monstrueuses buveuses de sang sont d’origine très ancienne, puisqu’elles apparaissent dès l’Antiquité égyptienne. Elles sont par ailleurs communes à de multiples cultures, le sang, matérialisation de l’énergie vitale, étant chargé d’un pouvoir symbolique à dimension universelle. Ces divinités ou démons sanguinaires sont le plus souvent féminins, à l’image de Sekhmet, déesse guerrière de la mythologie égyptienne, qui boit le contenu de cruches contenant un philtre magique, pensant qu’il s’agit de sang humain. Dans le monde grec, les lamies sont réputées boire le sang des jeunes gens. Dans les croyances hindoues, la déesse Kali, épouse de Shiva, dotée de deux grands crocs saillants, s’abreuve également de sang. Chez les Aztèques, le dieu du Soleil et de la Guerre Huitzilopochtli se nourrit de sang et de cœurs humains. De même, l’idée d’un défunt, qui ne pouvant pleinement accéder au royaume des morts, puisse se changer en démon ou en mort vivant, et venir nuire aux vivants est également une crainte très répandue à travers les pays, les époques et les cultures.
Né dans l’imaginaire collectif autour de ces peurs ancestrales, le mythe du vampire a par la suite semblé trouver une confirmation tangible lors des périodes d’épidémies et de guerres, de nombreuses personnes étant enterrées à la hâte et par conséquent, pour certaines, encore vivantes. Ces pratiques hâtives ont notamment donné lieu à la découverte de corps non décomposés — la mort ayant été plus tardive qu’elle n’aurait dû —, découvertes qui ont été interprétées, en particulier dans les pays d’Europe de l’Est, comme des signes prouvant une présence démoniaque. Nombre d’épisodes dus en réalité à des enterrés vivants ont ainsi achevé de donner toute leur force à des croyances déjà bien ancrées.
| 3. | Histoire du mythe |
Les morts vivants apparaissent dans les textes dès le xiie siècle, notamment dans un récit du chanoine anglais Walter Map, De Nugis Curialium, vers 1193. Le vampire devient rapidement un démon dont l’Église reconnaît l’existence. L’emploi d’objets liés au culte chrétien est d’ailleurs considéré comme l’une des seules armes efficaces pour le faire fuir, et la religion vient offrir aux âmes terrorisées un refuge inespéré. Les pays d’Europe de l’Est, en particulier la Roumanie, voient prospérer les témoignages relatifs au vampirisme. Une peur collective s’y développe dès le xive siècle, pour atteindre son apogée au xviiie siècle, et un grand nombre de rituels s’y mettent en place. Certains personnages historiques contribuent également, par leurs méfaits, à entretenir la légende. Le plus célèbre est le terrible Vlad Tepes (1431-1476), dit l’Empaleur, prince de Valachie connu pour ses pratiques barbares, et qui a inspiré le personnage de Dracula. La comtesse hongroise Erzebeth Bathory est quant à elle jugée en 1611 pour avoir saigné plusieurs centaines de jeunes filles dans l’espoir de gagner, grâce à des bains de sang, une beauté éternelle.
Au xixe siècle, le vampire perd quelque peu son pouvoir maléfique dans les croyances populaires, pour devenir un personnage d’importance de la littérature fantastique. Décrit alors comme un être sensuel et raffiné, il se pare d’une aura qui sied tout particulièrement à l’univers romantique.
| 4. | Caractéristiques des vampires |
Selon les croyances populaires, on peut naître vampire ou le devenir à la suite d’une morsure de vampire. Les personnes excommuniées ou bien les suicidés deviennent également des vampires après leur décès. Le vampire est un être immortel. L'emploi de crucifix, d’hosties, d’eau bénite et d’ail peut cependant le faire reculer. On ne peut néanmoins l’anéantir définitivement qu’en le brûlant ou en lui plantant un pieu en plein cœur. Il convient ensuite de le décapiter afin d’éviter sa résurrection. Le vampire craint la lumière du jour. Il regagne donc sa tombe systématiquement avant l’aube. Parmi les caractéristiques physiques propres aux vampires figurent la taille conséquente de ses canines supérieures, ainsi que l’extrême pâleur de son visage. Le vampire est couramment associé à certains animaux telle la chauve-souris, dont il peut prendre la forme selon certains récits. Enfin, l’image du vampire ne se reflète pas dans les miroirs.
| 5. | Un héros de fiction |
Le plus célèbre des vampires est Dracula, héros du roman de Bram Stoker, Dracula (1897). Cette œuvre s’inscrit dans un courant d’inspiration qui se développe au xixe siècle, avec notamment par la Morte amoureuse de Théophile Gautier (1836), roman dans lequel la belle Clarimonde, femme vampire, tente un jeune prêtre fraîchement ordonné, et par Carmilla de Joseph Sheridan le Fanu (1871), qui dépeint lui aussi un personnage de vampire féminin. La production du XXe siècle est quant à elle marquée en particulier par les livres d’Anne Rice tels Entretien avec un vampire (1976) et Lestat le vampire (1985).
Les personnages de vampires, et plus particulièrement Dracula, inspirent également un nombre important de réalisateurs de films. L’une des plus frappantes œuvres cinématographiques développant ce thème demeure Nosferatu le vampire de Murnau (1922) marquée par l’interprétation de Max Schreck. On peut également citer Dracula de Tod Browning (1931), avec pour interprète principal Bela Lugosi, le Bal des Vampires de Roman Polanski (1967) et, plus récemment, Dracula de Francis Ford Coppola (1992), ainsi qu’Entretien avec un vampire de Neil Jordan (1994) adapté du roman éponyme d’Anne Rice. Enfin, la série télévisée Buffy contre les Vampires, créée aux États-Unis en 1997, propose une nouvelle illustration du thème.