Shaw, George Bernard
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Shaw, George Bernard
3. Le romancier, réformateur socialiste et critique

Dans la capitale anglaise, Shaw écrit à partir de 1879 (avec Immaturité [Immaturity], qui sera publié en 1930) cinq romans, sans toutefois trouver d’éditeur. Ces œuvres abordent déjà certains des thèmes sociaux qui seront développés dans ses pièces, par exemple l’attitude de l’homme face au mariage. C’est en tout cas une époque de peu de succès pour l’écrivain, qui fréquente assidûment les bibliothèques, devient végétarien, s’abstient de fumer et de boire, et surtout se laisse gagner aux idées socialistes (notamment par la lecture de Marx), qu’il défendra toute sa vie. Rejoignant les intellectuels de la Société des Fabiens (Fabian Society) en 1884, Shaw, dans ce cadre, remplit l’office de porte-parole, fait des rencontres importantes (Webb, MacDonald…) et commence à critiquer l’époque capitaliste. La réforme — de la société et des instances qui la régissent — lui apparaît comme la solution à privilégier, de préférence à la révolution ; il le fait savoir dans ses nombreuses prises de position d’alors, ainsi ses Essais fabiens sur le socialisme (Fabian Essays on Socialism, 1889).

C’est aussi le moment (1885) où Shaw s’affirme comme critique d’art (arts plastiques, théâtre, musique et plus particulièrement opéra) par le biais d’articles dans plusieurs journaux et revues, dont The World et le Saturday Review ; il s’engage notamment en faveur de novateurs tels le Norvégien Henrik Ibsen (la Quintessence de l’ibsénisme [The Quintessence of Ibsenism], 1891) ou l’Allemand Richard Wagner (le Parfait Wagnérien [The Perfect Wagnerite], 1898).