| Gabin, Jean | Format lecture | ||||
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| 3. | Le héros d'une époque |
| 1. | Jean Gabin et les « classiques » du cinéma d’avant-guerre |
Il revient à Julien Duvivier d’avoir fait de Jean Gabin une véritable star du cinéma français avec, successivement, Maria Chapdelaine (1934), Golgotha (1934), la Bandera (1935), la Belle Équipe (1936), film emblématique du Front populaire dans lequel Jean Gabin dessine le personnage de prolétaire poursuivi par le destin qu’il déclinera dans de multiples films, et Pépé le Moko (1936).
Jean Gabin débute sa collaboration avec Jean Renoir par les Bas Fonds (1936), suivi par la Grande Illusion (1937) et la Bête humaine (1938), adaptation de l’œuvre d’Émile Zola. Il joue également sous la direction de Raymond Rouleau — le Messager (1937), tiré d'une pièce de Henry Bernstein qu'il admire —, Jean Grémillon — il retrouve son personnage d'homme au destin tragique dans Gueule d’amour (1937), puis il apparaît dans Remorques (1940) — et Marcel Carné — Quai des brumes (1938) et Le jour se lève (1939).
Jean Gabin tourne aussi dans le Récif de corail (1939) de Maurice Gleize. Toutefois, refusant de demeurer dans une France occupée par les Allemands, il part pour Hollywood, où il joue dans la Péniche de l’amour (Moontide, 1942) d’Archie Mayo et dans l'Imposteur (The Impostor, 1943) de Julien Duvivier. Désireux de combattre pour la France, il rejoint la 2e DB (division blindée) du général Leclerc et termine la Seconde Guerre mondiale sous l'uniforme.
| 2. | Une filmographie éclectique |
À la Libération, Jean Gabin produit et interprète Martin Roumagnac (1946) de Georges Lacombe, aux côtés de sa compagne Marlène Dietrich, mais le film est un cuisant échec. Il connaît alors une période difficile, tournant néanmoins dans Miroir (1947) de Raymond Lamy, Au-delà des grilles (1948) de René Clément, la Marie du port (1950) de Marcel Carné, d'après le roman de Georges Simenon, et Pour l'amour du ciel (E piu facile che un camelo, 1950) de Luigi Zampa. Il réapparaît aussi au théâtre dans la Soif d’Henry Bernstein, et tourne dans l'adaptation d'une pièce de ce dernier, Victor (1951) de Claude Heyman.
Après un rôle de cheminot devenu aveugle dans La nuit est mon royaume (1951) de George Lacombe, Jean Gabin retrouve son énergie comique dans le Plaisir (1951) de Max Ophuls, puis revient à l'univers de Georges Simenon avec la Vérité sur Bébé Donge (1951) de Henri Decoin, reforme un couple avec Michèle Morgan dans la Minute de vérité (1952) de Jean Delannoy, séduit Sylvana Pampanini dans Fille dangereuse (Bufere, 1952) de l'Italien Guigo Brugnone, devient un truand pour Leur dernière nuit (1953) de George Lacombe et collabore pour la première fois avec Gilles Grangier dans la Vierge du Rhin (1953).