| Mali | Format lecture | ||||
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| 3. | Population et société |
| 1. | Démographie |
La population malienne est estimée à 11 995 402 habitants (2007), soit une densité moyenne de 9,8 habitants au km2. Sa répartition est très inégale puisque les neuf dixièmes des Maliens habitent dans le sud du pays. La population est rurale à 66 p. 100.
À l’instar de la plupart des pays en pleine transition démographique, la population du Mali est majoritairement jeune : les moins de 25 ans représentent environ 68 p. 100 de la population totale en 2007. Sur la période 2000-2005, le taux de croissance de la population était de 3 p. 100 par an. La mortalité infantile demeure élevée (106 p. 1 000), de même que le taux de fécondité (7,38 enfants par femme en 2007, le plus élevé dans le monde). L’espérance de vie à la naissance est estimée à 49,5 ans.
Le Mali occupe l’un des tout derniers rangs dans le classement de l’indice de développement humain. Il connaît une forte émigration (principalement dans la région de Kayes, à l’ouest) en particulier vers la Côte d’Ivoire voisine (où vivent plus d’un million de Maliens) et vers la France (environ 120 000 personnes au milieu des années 2000).
| 2. | Villes principales |
La capitale, Bamako (située dans le sud-ouest, sur les deux rives du fleuve Niger), est la seule ville du Mali à dépasser le million d’habitants (1 083 000 habitants en 1999). Chef-lieu du district de Bamako, elle est le principal nœud de communication du pays, ainsi qu’un carrefour industriel et commercial. Les autres villes principales sont Ségou et Mopti, importants centres de pêche situés sur le cours inférieur du Niger.
Le Mali est divisé en huit régions administratives, auxquelles s’ajoute le district de Bamako : Gao, Kayes, Kidal, Koulikoro, Mopti, Ségou, Sikasso et Tombouctou.
| 3. | Ethnies, langues et religions |
40 p. 100 des Maliens sont des Mandingues, majoritairement des Bambara. Ils vivent principalement dans l’ouest du pays (Bamako). Les Songhaï sont établis dans l’Est, les Soninké dans l’Ouest (Kayes) ; les Sénoufo vivent autour de Sikasso, dans la zone frontalière avec le Burkina et la Côte d’Ivoire. Plus au nord-est vivent les Dogon, sur le plateau de Bandiagara. Les Peul peuplent la cuvette du Macina tandis que le Sahara est le domaine des Maures et surtout des Touareg qui nomadisent entre l’adrar et la boucle du Niger. Ces derniers, au nombre d’environ 400 000, ont toujours refusé la domination politique des Mandingues depuis l’indépendance, laquelle a également signifié pour eux la fixation des frontières et l’intégration à un cadre étatique dont ils s’accommodent mal. À la suite de l’intensification de la rébellion armée dans le nord du Mali (comme au Niger voisin) en 1990, un pacte national est conclu en avril 1992 entre le gouvernement malien et les Touareg. La question de la définition d’un espace autonome pour les Touareg et les revendications d’ordre économique demeurent cependant et, si le conflit s’apaise, les tensions perdurent (comme en témoigne un regain de violence en mai 2006 ayant abouti à un accord de paix prévoyant des mesures de développement pour les régions du Nord).
La langue officielle du Mali est le français. Les langues mandé — bambara, malinké et dyula — ainsi que les langues voltaïques — dogon, sénoufo —, le songhaï, le hassanya et le tamacheq demeurent vivantes au sein des différentes communautés (voir langues d’Afrique). Le bambara tend à devenir la langue véhiculaire nationale.
L’islam, teinté d’animisme, est la religion de 90 p. 100 de la population. Quelque 9 p. 100 des Maliens ont conservé des croyances animistes. Le christianisme concerne 1 p. 100 de la population.
| 4. | Éducation |
Le Mali possède l’un des taux d’alphabétisation les moins élevés du monde (49,7 en 2005). Le taux de scolarisation dans le primaire reste faible (58 p. 100 en 2002–2003) ; il passe à 20 p. 100 dans le secondaire, et chute à 2 p. 100 au niveau universitaire.
| 5. | Institutions et vie politique |
| 5.1. | Historique |
De 1968 à 1991, le Mali est dirigé par Moussa Traoré, porté au pouvoir par un coup d’État militaire. Élu deux fois sans opposition, le président Moussa Traoré gouverne en dictateur, s’appuyant sur le seul parti politique légal, l’Union démocratique du peuple malien (UDPM), fondé en 1979. Après son renversement, en mars 1991, la transition démocratique est assurée par le général Amadou Toumani Touré, qui rend le pouvoir aux civils en 1992. À l’issue des premières élections libres du pays, l’Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA) remporte la majorité des sièges à l’Assemblée nationale ; son candidat, Alpha Oumar Konaré, est élu président de la République en 1992 et réélu en 1997. Au terme de deux mandats consécutifs, pendant lesquels se consolide le processus de démocratisation, le président sortant ne brigue pas de troisième mandat, conformément à la Constitution, et cède la place en juin 2002 à Amadou Toumani Touré (élu au second tour avec plus de 64 p. 100 des voix contre le candidat de l’ADEMA, Soumaïla Cissé). Sans appartenance politique, le président Touré met en place un gouvernement de consensus rassemblant tous les groupes parlementaires. S’il bénéficie d’un « état de grâce » durant les premières années de son quinquennat, il fait l’objet d’une opposition croissante. Soutenu par une coalition d’une quarantaine de partis et de nombreuses associations (l’Alliance pour la démocratie et le progrès), il est réélu pour un second mandat en avril 2007, avec 71 p. 100 des suffrages dès le premier tour, alors que son principal adversaire, Ibrahim Boubacar Keïta (alors président de l’Assemblée nationale), recueille 19 p. 100 des voix. En dépit des accusations de fraudes émanant de l’opposition, et des irrégularités avérées, ce scrutin est jugé globalement libre et transparent par les observateurs internationaux. Dans ce contexte, le processus démocratique semble se consolider, et la démocratie malienne est considérée par la communauté internationale comme une référence en Afrique.
| 5.2. | Organisation des pouvoirs |
Le Mali est une république unitaire régie par la Constitution du 10 janvier 1992. Son régime politique est de type semi-présidentiel. Le pouvoir exécutif est exercé par le président de la République et par le gouvernement. Le président de la République est le chef de l’État. Il est le chef des armées, et le président du Conseil supérieur de la magistrature. Il dispose du droit de dissoudre l’Assemblée nationale et de l’initiative référendaire. Élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans (renouvelable une fois), il nomme le Premier ministre (et peut mettre fin à ses fonctions) ainsi que les membres du gouvernement, et préside le Conseil des ministres. Le Premier ministre est le chef du gouvernement ; il dirige l’action gouvernementale et assure l’exécution des lois. Le pouvoir législatif est exercé par le Parlement, constitué d’une chambre unique : l’Assemblée nationale. Celle-ci est composée de 147 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans. Elle a le pouvoir de renverser le gouvernement.
| 5.3. | Partis politiques |
Le multipartisme est garanti par la Constitution de 1992. Le paysage politique malien compte au milieu des années 2000 quelque 80 partis. Les principales formations sont l’Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA), au pouvoir de 1992 à 2002, et deux autres partis qui en sont issus : le Rassemblement pour le Mali (RPM), dirigé par Ibrahim Boubacar Keïta, et l’Union pour la République et la démocratie (URD), créée par Soumaïla Cissé.