| Braque, Georges | Format lecture | ||||
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| 2. | Période cubiste |
L'année 1907 fut pour lui capitale. Une triple découverte allait en effet modifier son travail : Cézanne, dont la rétrospective des œuvres se tenait au Salon d'automne, Picasso, qu'il rencontra au moment où celui-ci peignait les Demoiselles d'Avignon (1907, Museum of Modern Art, New York), et les arts primitifs. Braque chercha alors, par la géométrisation des volumes et la réduction de sa palette à des harmonies vertes et brunes, à matérialiser et à construire l'espace sans l'aide des artifices de la perspective ou du clair-obscur. Ainsi, il construisit son Grand Nu (1908, collection particulière, Paris) à l'aide de larges hachures qui indiquent les volumes successifs, ceux-ci étant eux-mêmes cerclés d'un large cerne noir. Braque appliqua bientôt ce procédé constructif de géométrisation des masses aux paysages et aux natures mortes.
De 1909 à 1914, Braque et Picasso menèrent de front leurs recherches plastiques, d'où naquit une vision nouvelle de l'espace pictural (appelée cubisme analytique) rendant les formes par la démultiplication de leur axe géométrique. Dans Violon et Palette (1909, musée Guggenheim, New York), Braque représenta le violon par un réseau complexe de facettes qui émiette le volume de l'instrument : le spectateur était ainsi confronté, en un même volume cohérent, à tous les plans d'une vision perspective réduite à la surface plane du tableau. Dans la partie supérieure de la toile, un clou en trompe-l'œil retenant une palette symbolise ironiquement les deux possibles d'une peinture en recherche.
À force de complexifier le volume pour en rendre tous les états, les toiles de Braque, comme celles de Picasso, devinrent illisibles, confrontées à l'abstraction qu'elles voulaient pourtant récuser. Braque introduisit alors dans ces peintures, à l'automne 1911, des lettres et des chiffres au pochoir, destinés à en réactiver le sens (le Portugais, 1911, Kunstmuseum, Bâle). L'année suivante, il colla un papier imitant le bois sur Compotier et Verre (1912, collection particulière) : avec le procédé du collage, l'œuvre devint la synthèse d'éléments divers par lesquels Braque, sans perdre la lisibilité de l'objet, le décrivait en dissociant la couleur et la forme. Mobilisé en 1914, Braque fut gravement blessé l'année suivante et, après une longue convalescence à Sorgues, se remit difficilement à la peinture.