| fascisme | Format lecture | ||||
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| 2. | Le fascisme italien |
| 1. | La conquête du pouvoir |
En tant que phénomène historique et modèle politique, le fascisme est apparu en Italie après la Première Guerre mondiale, dans un contexte de crise économique et de déception liée aux traités de Saint-Germain-en-Laye (1919) et de Rapallo (1920), considérés par beaucoup d’Italiens comme une trahison par rapport aux gains territoriaux qui avaient été promis à l’Italie par les Alliés lors de son entrée en guerre (mai 1915). Le vide politique laissé par l’effondrement des Empires austro-hongrois et ottoman, le choc de la révolution russe contribuent également, mais dans une moindre mesure, à créer un climat d’instabilité propice à l’émergence du fascisme.
Le mot fascisme est employé pour la première fois par Benito Mussolini en 1919 ; le terme fait référence aux faisceaux (fasci), assemblage de verges liées autour d’une hache, qui représentait l’unité civique et l’autorité de Rome. Personnalité complexe, Mussolini, créateur en 1919 des Faisceaux italiens de combat, puis fondateur en 1921 du Parti fasciste italien, commence sa carrière politique sous l’étiquette socialiste, mais il ne tarde pas à infléchir son programme, à l’origine très influencé par l’anarchisme et le syndicalisme révolutionnaire, pour mettre le bras paramilitaire de son mouvement, les Chemises noires (appelées ainsi par opposition aux Chemises rouges de Giuseppe Garibaldi) au service des intérêts des puissants industriels et des propriétaires terriens, alliés à l’Église catholique et à l’armée, dans le but de faire échouer l’agitation ouvrière.
| 2. | La dictature de Mussolini |
En octobre 1922, dans un climat de décomposition politique et d’affaiblissement du mouvement syndical, Mussolini, à la tête de 25 000 hommes, lance la marche sur Rome, manifestation de force purement symbolique puisque le roi a déjà décidé de l’appeler au gouvernement. Nommé président du Conseil, il forme un gouvernement d’union nationale et prépare la conquête totale du pouvoir, qui ne sera effective qu’en 1926 avec la promulgation des lois « fascistissimes » restreignant les libertés, interdisant les partis et attribuant les pleins pouvoirs au Duce (italien, « chef »).
Opérant graduellement la fascisation des institutions et des consciences, il introduit le principe de la nomination à tous les postes politiques, la prestation de serment pour tous les fonctionnaires et le corporatisme dans toutes les professions ; il embrigade la jeunesse dans des formations paramilitaires et fait pourchasser les opposants politiques par une police redoutée pour son efficacité. Dans le domaine économique, le régime, qui se contente au départ d’apporter certaines améliorations sociales (institution d’un Fonds national des assurances sociales, par exemple) sans remettre en cause le modèle libéral, oriente bientôt le pays vers un véritable capitalisme d’État, fondé à l’intérieur sur une politique de grands travaux et d’industrialisation à marche forcée, et vis-à-vis de l’extérieur sur l’autarcie, annonciatrice d’une économie de guerre.
À l’extérieur, dans la tradition de la Rome antique, le régime entreprend une politique de conquêtes coloniales (guerre d’Éthiopie en 1935-1936). Proche des autres régimes autoritaires, l’Italie fasciste soutient militairement le régime du général Francisco Franco pendant la guerre d’Espagne, noue des liens privilégiés avec l’Allemagne nazie et entre en guerre contre les Alliés en juin 1940. Défait militairement, le régime s’effondre à Rome en juillet 1943. Il survit jusqu’en avril 1945 dans la république de Salò, État fantoche aux mains des nazis, dans le nord de l’Italie.
Le modèle italien reste l’exemple le plus achevé des régimes fascistes, mais ses traits dominants l’inscrivent dans un mouvement intellectuel qui permet de souligner ses parentés avec d’autres courants.