Dryden, John
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Dryden, John
3. Un théâtre classique

Dryden s’affirme comme le plus grand auteur dramatique de son temps, signant une trentaine de pièces couvrant les différents genres. Il débute par la comédie avec le Galant furieux (The Wild Gallant, 1663), qui illustre l’esprit hédoniste d’une époque désirant se défaire du puritanisme cromwellien. Suivront des tragi-comédies — les Femmes rivales (The Rival Ladies, 1664), la Reine vierge (Secret Love, or the Maiden Queen, 1667) — et des comédies grivoises, parfois traitées sur le mode de la farce — Amour d’un soir (An Evening’s Love, 1668), Femmes à la mode (Ladies à la Mode, 1668), Mariage à la mode (Marriage à la Mode, 1672). Dryden aborde également la tragédie avec Tout pour l’amour (All for Love, 1677), pièce en vers non rimés, démarquage d’Antoine et Cléopâtre de Shakespeare. C’est d’ailleurs en réaction au théâtre élisabéthain qu’il vante le classicisme français et disserte sur les genres, les mètres et la fameuse règle des trois unités (temps, lieu, action) dans son Essai sur la poésie dramatique (Essay Of Dramatick Poesie, 1668). Le modèle cornélien l’influence également dans ses drames héroïques : l’Empereur indien ou la Conquête du Mexique par les Espagnols (The Indian Emperour, or the Conquest of Mexico by the Spanish, 1665), la Conquête de Grenade (The Conquest of Granada by the Spaniards, 1670), Aureng-Zeb (Aureng-Zebe, 1675). On doit enfin à Dryden d’avoir collaboré avec le compositeur Henry Purcell, pour lequel il a rédigé les textes dramatiques de certains de ses semi-opéras (ou pseudo-opéras) : The Indian Queen (coécrit avec Sir Robert Howard, 1664, créé en 1695) et King Arthur (1691).