| Tunisie | Format lecture | ||||
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| 3. | Population et société |
| 1. | Démographie |
En 2008, la population tunisienne était estimée à 10,4 millions d'habitants, soit une densité de 67 habitants au km². Le taux de fécondité (1,73 enfant par femme) est le plus faible du monde arabe. L’accroissement naturel en 2008 était de 1 p. 100 p. 100. L’espérance de vie est passée de 68 ans en 1992 à 75,6 années en 2008. La mortalité infantile est de 22 p. 1 000.
Près des trois quarts des Tunisiens vivent dans les régions côtières. Les régions arides du Centre et du Sud, représentant 70 p. 100 de la superficie totale, ne sont habitées que par 30 p. 100 de la population.
Malgré de nombreuses invasions, la population tunisienne présente une grande homogénéité, au prix de quelques paradoxes. Les berbérophones vivent principalement dans le sud du pays, aux portes du désert (1 p. 100). L’arabisation du pays fut précoce car la Tunisie fut le premier pays du Maghreb que traversèrent les conquérants arabes.
| 2. | Villes principales |
La capitale, et plus grande ville de Tunisie, est Tunis, port maritime, avec une population de 2 million d’habitants en 2003. Les autres grandes villes sont Sfax, Sousse et Bizerte. Ces villes n’ont cessé de croître depuis l’indépendance, celles de province ayant un rythme de croissance inférieur à celui de la capitale, qui reste le centre politico-administratif et économique du pays.
| 3. | Langues et religions |
L’arabe est la langue officielle de la Tunisie, mais le français est parlé sur tout le territoire. L’islam est religion d’État, et ses fidèles constituent la quasi-totalité de la population. Les musulmans tunisiens se rattachent à la branche sunnite de l’islam. 85 p. 100 sont de rite malikite, majoritaire dans les pays du Maghreb, et 15 p. 100 de rite hanafite. La communauté juive, forte de plusieurs dizaines de milliers de personnes avant l’indépendance, est réduite aujourd’hui à moins d’un millier. Les catholiques représentent une autre minorité.
| 4. | Éducation et culture |
Dès l’indépendance, des efforts importants furent faits dans le domaine de l’enseignement. La scolarité fut rendue obligatoire, l’âge minimum pour quitter le système scolaire étant régulièrement retardé (en 1996, il fallait avoir effectué les neuf premières années d’enseignement pour pouvoir le quitter). Le français est appris dès le cycle primaire et il est la langue principale d’enseignement dans le cycle universitaire. En 2005, le taux d’alphabétisation était de 76,2 p. 100, et les deux tiers des enfants de 12 à 17 ans étaient scolarisés ; l’enseignement supérieur concernait 27 p. 100 de la classe d’âge concernée.
La Tunisie bénéficie d’un patrimoine culturel très riche ; ce qui tient, d’une part à la présence sur son sol de grandes civilisations — Carthage, Rome, la civilisation musulmane, pour ne citer que les plus prestigieuses —, et d’autre part à la politique de conservation et de préservation de cet héritage millénaire. La Tunisie détient la plus grande collection de mosaïques au monde. Celle-ci est en grande partie conservée et exposée au Musée national du Bardo, fondé en 1888 à Tunis, qui regroupe quatre grands départements, carthaginois, romain, paléochrétien et islamique (Voir aussi Islam, art de l’ et Maghreb, littérature du).
L’information en Tunisie se professionnalise de plus en plus mais reste contrôlée par le pouvoir. S’il existe depuis longtemps une presse généraliste abondante, composée de journaux francophones (trois quotidiens) et arabophones, on assiste depuis peu à l’émergence de sources d’information à usage professionnel, comme des annuaires économiques calqués sur ceux de la France.
| 5. | Institutions et vie politique |
| 5.1. | Pouvoirs exécutif et législatif |
La Constitution adoptée en 1959 a institué un régime présidentiel fort, au sein duquel le pouvoir exécutif est presque entièrement détenu par le président de la République. Le président est le chef de l’État et le chef des armées. Il nomme le Premier ministre, les ministres et préside les conseils des ministres. Le Premier ministre est responsable devant lui. Le président est élu au suffrage universel pour un mandat de cinq ans.
Parmi les nombreuses révisions ayant modifié la Constitution de 1959, celles de 1975-1976, de 1988 et de 2002 sont les plus décisives. En 1975, l’Assemblée nationale vote un amendement constitutionnel permettant d’accorder, à titre exceptionnel, la présidence à vie au chef de l’État Habib Bourguiba, en guise de reconnaissance pour les services rendus à la nation. La révision de 1976 modifie la répartition des compétences entre le président et son Premier ministre. Celui-ci peut désormais suppléer le président en cas d’empêchement provisoire, et il lui succède automatiquement en cas de vacance de la présidence. Quelques mois après la destitution d’Habib Bourguiba par son Premier ministre, Zine el-Abidine Ben Ali, le 7 novembre 1987, et l’accession à la présidence de son dauphin constitutionnel, la révision de 1988 abolit la présidence à vie et limite à deux fois le renouvellement du mandat présidentiel. Le 26 mai 2002, plus de 99 p. 100 des électeurs tunisiens approuvent par référendum une réforme constitutionnelle qui prévoit notamment le renouvellement sans limite des candidatures à la présidence et repousse de 70 à 75 ans l’âge limite pour y postuler. Le chef de l’État bénéficie en outre d’une immunité pénale pour tous les actes accomplis durant sa présidence. Cette réforme s’applique tout particulièrement au président Ben Ali : élu en 1989, puis réélu en 1994 et 1999, celui-ci peut désormais briguer un quatrième mandat — il est réélu en 2004.
Le pouvoir législatif est exercé par un Parlement monocaméral, la Chambre des députés, dont les 189 membres sont élus au suffrage universel pour un mandat de cinq ans. Sur ces 189 sièges, 152 sièges sont attribués au scrutin majoritaire direct, tandis que les 37 restants sont distribués à la proportionnelle entre les partis n'ayant pas obtenu la majorité absolue. Ce système, introduit lors des élections législatives de 1999, est censé assurer une plus large représentation au Parlement en garantissant un minimum de sièges aux candidats de l'opposition.
| 5.2. | Partis politiques |
Parti gouvernemental, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) est l’émanation de l’ancien parti unique, le Parti socialiste destourien (PSD). Depuis 1988, le multipartisme est autorisé. Cependant, la culture du parti unique a affaibli, sans toutefois les faire disparaître, les quelques partis d’opposition, issus généralement de scissions avec le PSD, qui forment l’opposition légale. Outre le RCD, qui possède 80 p. 100 des sièges de l’Assemblée nationale, les partis légaux sont les suivants : le Mouvement des démocrates socialistes (MDS), le Parti de l’unité populaire (PUP), l’Union démocratique unioniste (UDU), le Parti social-libéral (PSL), le mouvement Ettajdid (qui correspond à l’ancien Parti communiste tunisien, PCT), le Parti démocratique socialiste (PDP) — anciennement le Rassemblement socialiste progressiste (RSP) — et le Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL).
En 1989, le parti En-Nahda (« la Renaissance »), constitué d’islamistes modérés, a été autorisé. Toutefois, alors qu’il apparaissait comme la principale force d’opposition, il a été de nouveau interdit en 1991 dans le cadre de la lutte menée par le pouvoir contre la menace islamiste.
| 5.3. | Organisation administrative |
Le pouvoir local, limité dans un pays centralisé et peu étendu, est détenu par les gouverneurs, nommés par le président à la tête des 23 gouvernorats. Chaque gouvernorat est divisé en délégations. La Tunisie compte également 257 municipalités dont les conseillers sont élus tous les cinq ans.
| 5.4. | Défense |
Le président est le chef d’une armée de taille modeste : elle comporte 35 300 hommes, dont 27 000 dans l’armée de terre. Cela correspond au choix passé de Habib Bourguiba de privilégier la police pour assurer le maintien de l’ordre dans le pays, choix maintenu par son successeur Ben Ali, pourtant général avant d’occuper des fonctions civiles, mais plus soucieux de garantir la sécurité intérieure du pays, en luttant contre les islamistes, que sa sécurité extérieure.