troubadours et trouvères
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troubadours et trouvères
2. Les troubadours

Il existe plusieurs hypothèses sur l’origine et les influences de la poésie des troubadours. D’aucuns pensent que les troubadours se sont inspirés des poésies lyriques arabes, pratiquées notamment dans les cours des princes arabes d’Espagne, d’autres cherchent son origine dans la chanson populaire, dans la poésie érotique d’Ovide, ou encore l’expliquent par le biais de l’histoire notamment en prenant en considération la structure sociale courtoise et le rôle qu’y tient la femme.

La plupart des troubadours sont en fait des seigneurs (Bertran de Born), et certains, comme le plus ancien troubadour connu Guillaume IX d’Aquitaine, ou Jaufré Rudel, sont même des ducs, des princes ou des rois. D’autres sont des bourgeois (Peire Vidal), des clercs (Foulque de Marseille) ou des humbles (Bernard de Ventadour). Il a également existé des femmes poétesses, les trobairitz, telle la Comtesse de Die. Arnaut Daniel, l’un des plus habiles troubadours, inventeur notamment de la sextine, a été reconnu comme le « plus grand maître d’amour » par ses fervents admirateurs Pétrarque et Dante. La cour d’Aliénor d’Aquitaine, à Poitiers et celle des comtes de Toulouse, parmi les plus brillantes, prennent sous leur protection de nombreux troubadours qu’ils déchargent de leurs soucis financiers pour qu’ils se consacrent entièrement à leur art.

Les poèmes lyriques des troubadours, nouveaux en leur temps par leur forme, leurs mélodies et leurs rythmes, sont parmi les premiers textes écrits en langue d’oc (jusqu’alors, les écrits sont toujours en latin), c’est-à-dire en langue vulgaire. La poésie des troubadours, liée à l’apogée de la langue d’oc, célèbre l’amour courtois, la fin’amor. Dans la société médiévale, l’activité littéraire des troubadours est d’ailleurs en elle-même une manifestation de l’idéal chevaleresque. À l’origine, les troubadours chantent leurs propres poèmes devant la cour mais, plus tard, leurs œuvres sont récitées par des musiciens itinérants, les ménestrels.

La forme de ces poèmes peut être le canso (chanson à strophes), le tenso (dialogue ou controverse), le sirvente (canso sirventes politique ou satirique), le planh (complainte ou chant funèbre), l’alba (chant matinal), et la serena (chant du soir). La poésie des troubadours s’épanouit jusqu’au xiiie siècle et décline à partir de la croisade de Simon de Montfort contre les albigeois.