| Renoir, Jean | Format lecture | ||||
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| 3. | La période réaliste |
La Chienne (1931) marqua un tournant dans l’œuvre de Jean Renoir. Film parlant, adapté d’un roman de Georges de La Fouchardière, la Chienne offrait à Michel Simon l’un de ses plus beaux rôles — celui d’un petit-bourgeois jaloux, assassin et veule.
Après la Nuit du carrefour (d’après Simenon, 1932), dans lequel Pierre Renoir interprète le commissaire Maigret, le réalisateur tourna une série impressionnante de chefs-d’œuvre : Boudu sauvé des eaux (avec, de nouveau, Michel Simon, 1932), le Crime de M. Lange (avec Jules Berry, 1935), Une partie de campagne (1936, sorti en 1946) dont son neveu, Claude Renoir, signa la photographie, et les Bas-fonds (avec Louis Jouvet, 1936).
Puisant son inspiration dans les romans de Gorki ou dans les nouvelles de Maupassant, Jean Renoir fit preuve d’un sens aigu du réel, qu’il mit au service d’un véritable naturalisme poétique. Lié au groupe Octobre, il fit peu à peu appel à des collaborateurs (Jacques Prévert, Roger Blin) qui donnèrent à sa production une dimension ouvertement politique, marquée par les idées du Front populaire (La vie est à nous, 1936 ; le Crime de M. Lange, la Marseillaise, 1936) et qui allait ouvrir la voie au néoréalisme italien.
Avant la Seconde Guerre mondiale, Jean Renoir essaya, avec la Grande Illusion (1937), de promouvoir un message de paix, faisant tourner, en manière d’hommage, son père spirituel Erich von Stroheim aux côtés de Jean Gabin. Dans la Bête humaine (1937), il s’efforça de mettre en scène les enjeux sociaux de l’époque. Dans son chef-d’œuvre, la Règle du jeu (1939), il prévoyait l’effondrement des valeurs humanistes et brossait un tableau sans complaisance des mœurs de la société française. L’œuvre témoigne d’une nouvelle appréhension de l’espace cinématographique, aussi bien dans le découpage de l’espace que dans le montage discontinu du temps de l’action.