Daudet, Alphonse
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Daudet, Alphonse
3. Les Lettres de mon moulin

Après la mort du duc de Morny en 1865, Alphonse Daudet décide de vivre uniquement de sa plume. En 1867, il épouse Julie Allard qui s’avère être une collaboratrice précieuse et dévouée — Daudet écrit des années plus tard « Pas une page qu'elle n'ait revue et retouchée ». Julie Daudet publie d’ailleurs par la suite de nombreux livres sous le pseudonyme de Karl Steen. Le voyage dans le Midi inspire à Alphonse Daudet ses premières chroniques provençales et il obtient de Villemessant, le directeur du journal l'Événement, de les publier en feuilleton pendant tout l'été 1866. Ce feuilleton, remanié et augmenté, constitue le recueil des Lettres de mon moulin publié en 1869. L'ouvrage est porté par la mode du provençal, que Frédéric Mistral a lancée peu auparavant. Le 12 septembre 1869, Mistral écrit d'ailleurs à Daudet : « Tu as résolu avec un merveilleux talent ce problème difficile : écrire le français en provençal. Ainsi tu pourras désormais t'abstenir de signer tous tes livres. Tout le monde les reconnaîtrait à la frappe, comme ces admirables monnaies grecques qui portent la tête de Massilia ». Outre une évocation de Mistral (« le Poète Mistral ») et deux ballades en prose (« la Mort du dauphin » et « le Sous-Préfet aux champs »), le recueil contient vingt et un récits (précédés de « l’Installation » de l’auteur en son moulin provençal), dont certains figurent parmi les histoires les plus célèbres de la littérature populaire : « la Chèvre de M. Seguin », « les Trois Messes basses », « l'Élixir du révérend père Gaucher » et « l’Arlésienne » que Daudet porte à la scène, et pour lequel Bizet compose une musique (1872).