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4. Histoire de la gravure
1. Le frottage sur pierre et la gravure sur bois en Chine

Afin de permettre aux érudits chinois d’étudier les textes religieux, ces derniers étaient gravés sur des dalles de grandes dimensions. On pressait une feuille de papier sur la pierre afin que le papier pénètre dans les incisions ; l’encre était ensuite étalée sur toute la feuille et l’image apparaissait en lignes blanches sur fond noir. Textes et illustrations figuraient sur une seule planche : le nom de cette méthode est « impression tabellaire ». Les premières gravures sur bois apparaissent vers le début du VIIIe siècle.

(Voir aussi chinois, art).

Quant à l’histoire de l’estampe japonaise, elle est directement liée au développement de l’art de la gravure en relief en Chine ; l’apparition de l’ukiyo-e au XVIIe siècle lui permit toutefois de connaître un renouveau certain.

(Voir aussi Japonais, art).

2. La gravure en Europe

La gravure en relief est apparue dans le nord de l’Europe à la fin du XIVe siècle ; pratiquée sur bois, elle était surtout destinée à illustrer des jeux de cartes ou des images pieuses bon marché. Cependant, c’est à la Renaissance que l’estampe s’affirma comme art à part entière avec les premières compositions de Martin Schongauer. Le plus illustre des graveurs fut sans nul doute Albrecht Dürer, mais Andrea Mantegna en Italie et Lucas de Leyde en Hollande surent imposer un style rigoureux et classique qui devait déterminer la pratique de nombreux artistes du XVIe siècle. Les artistes baroques apportèrent à cet art leur fougue et leur sensibilité.

Au début du XVIIe siècle, Jacques Callot fut le premier grand maître à valoriser les possibilités de l’eau-forte. Grâce à ses expérimentations, il devint possible de produire des gravures au dessin extrêmement fouillé sur des planches de très petites dimensions. Sous l’ombre tutélaire de Rembrandt et de Van Dyck, l’école hollandaise, représentée par Ferdinand Bol et Adriaen Van Ostade, s’illustra dans le portrait, le paysage, les études d’intérieurs et les scènes de la vie quotidienne. En Italie, Marcantonio Raimondi fut le premier à graver les œuvres de peintres célèbres, en particulier celles de Raphaël.

Au cours du XVIIIe siècle, l’art de la gravure connut un renouveau en Italie, où ses meilleurs représentants étaient alors Giambattista Tiepolo, Canaletto et Piranèse. En Angleterre, un trio de satiristes composé de William Hogarth, James Gillray et Thomas Rowlandson sortit la gravure de son académisme esthétique : leurs caricatures annonçaient les œuvres de Goya, de Delacroix et de Daumier, puis de William Blake, Charles Méryon et Odilon Redon. Enfin, les impressionnistes français et les peintres de l’école de Barbizon firent de l’estampe l’un de leurs champs d’investigation privilégiés.

Chéret, Théophile Steinlen ou Toulouse-Lautrec permirent à l’affiche de connaître son âge d’or ; sous l’influence de l’estampe japonaise, la lithographie se développa rapidement. L’artiste tchèque Alphonse Mucha s’inscrivit quant à lui dans la mouvance de l’Art nouveau.

Au début du XXe siècle, les artistes expressionnistes allemands remirent en avant la technique du bois gravé ; et le cubisme entraîna un certain renouveau de l’eau-forte et du burin.

Depuis les années cinquante, les innovations techniques ont radicalement transformé l’art de l’estampe : les expressionnistes abstraits comme Robert Motherwell, Robert Rauschenberg et Jasper Johns et, par la suite, les artistes du pop art (Andy Warhol, Roy Lichtenstein, Jim Dine, etc.) ont notamment permis à la sérigraphie de connaître un essor important.

Voir aussi Livre ; Illustration ; Lithographie ; Photographie (technique) ; Xérographie ; Impression, techniques d’.