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2. Les techniques de l’estampe

Il existe différents procédés de gravure : la gravure en relief, ou taille d’épargne, la gravure en creux, ou taille-douce, et la gravure à plat, comme la sérigraphie.

1. La gravure en relief

Les graveurs qui privilégient cette technique utilisent généralement le bois. Il faut toutefois distinguer de prime abord le bois gravé, ou bois de fil, de la gravure sur bois, appelée aussi bois debout : dans le premier cas, la planche est taillée parallèlement aux fils du bois, et perpendiculairement dans le second.

La taille d’épargne est la plus ancienne méthode de gravure. Pendant des siècles, la technique de base consista à creuser certaines parties de la surface d’une planche de bois en réservant la forme de l’image à imprimer : le dessin à reproduire apparaissait donc en relief sur la planche. Traditionnellement, on utilisait des bois fruitiers comme le merisier ou le poirier.

La surface de la planche est d’abord polie, puis éventuellement durcie à la gomme-laque, ce qui accroît sa résistance aux passages répétés sous la presse. L’artiste commence par peindre ou dessiner l’image sur la planche ; il creuse ensuite le bois de chaque côté du tracé à l’aide de pointes et de gouges de différentes dimensions, de telle sorte que l’image apparaisse en relief. Un rouleau imbibé d’encre grasse est passé sur toute la surface. Pour réaliser des gravures en couleurs, on utilise plusieurs planches, une pour chaque coloris.

1.1. La gravure sur bois

Cette technique, apparue au XVIIIe siècle, fut principalement utilisée dans l’illustration. À l’aide d’un burin, l’artiste creusait une image sur un bloc taillé en bois debout (c’est-à-dire perpendiculairement au fil du bois). Il utilisait généralement du buis, dont le cœur, très dur, lui permettait de créer des images aux tracés fins et détaillés.

2. La gravure en creux

La technique de la gravure en creux s’oppose à celle de la taille d’épargne : les sillons du dessin sont creusés dans une plaque de métal à l’aide d’un burin ou par l’intermédiaire d’un acide.

2.1. La taille-douce

Après avoir gravé la planche de métal à l’aide d’un burin, l’artiste applique au rouleau une encre grasse sur toute la surface, en s’assurant que toutes les lignes en creux soient bien enduites. Cette opération effectuée, il essuie soigneusement la planche, afin de ne laisser de l’encre que dans les parties en creux. Puis il dispose la planche sur la presse et étale à sa surface une feuille de papier humectée qu’il recouvre de couvertures de feutre ou d’ouate. Comprimées par les rouleaux de la presse, la feuille de papier et les couvertures absorbent l’encre contenue dans les ciselures de la planche, ce qui a pour effet de transférer l’image sur le papier.

2.2. L’eau-forte

Une eau-forte s’obtient en enduisant une plaque de métal avec un vernis résistant à l’acide. L’artiste trace son dessin sur la plaque à l’aide d’une pointe très fine, ôtant ainsi la couche protectrice de vernis. L’étape suivante consiste à immerger la plaque dans un bain d’acide qui ronge le métal aux endroits dénudés ; la profondeur du trait et, par conséquent, sa densité sur l’impression obtenue résultent de la durée d’immersion de la planche dans l’acide.

2.3. L’aquatinte

L’aquatinte date du XVIIIe siècle, époque à laquelle les artistes ont tenté de recréer, grâce à l’estampe, les effets qu’ils obtenaient avec l’aquarelle ou le lavis. Il s’agit d’un procédé comparable à l’eau-forte, mais dont le résultat est d’un aspect tout à fait différent. En effet, de grandes parties de la planche sont exposées à l’acide, afin de produire non pas des lignes, mais des surfaces pointillées. Dans ces surfaces, la planche est saupoudrée de résine, puis chauffée pour que celle-ci y adhère. Pour obtenir des zones plus sombres, l’artiste soumet plus longtemps les parties de la plaque à l’action de l’acide, qui y forme de petits trous destinés à retenir l’encre. L’aquatinte est une technique souvent difficile à maîtriser et s’emploie en général conjointement avec l’eau-forte et la pointe sèche.

2.4. La pointe sèche

Avec cette technique, apparentée à la taille-douce, le graveur trace son dessin à l’aide d’une pointe très dure sur une plaque de cuivre ou de zinc non traitée. Sur les bords du sillon qu’il compose sur la plaque, l’outil repousse de petites crêtes de métal moins dur, appelées « barbes ». L’artiste s’efforce de conserver ces fragiles barbes tout au long de l’opération, car elles retiennent l’encre et permettent une impression aux lignes denses et veloutées. Leur délicatesse et la force continue exercée par la presse permettent rarement de tirer plus de 20 ou 30 épreuves sans que les barbes ne disparaissent.

2.5. Le mezzotinto

Le mezzotinto, ou gravure à la manière noire, est un autre procédé de gravure en creux, exécutée à l’aide d’un grattoir au tranchant semi-circulaire et en dents de scie. Lorsqu’on imprime un mouvement de bascule à cet instrument, la lame laisse sur la plaque de cuivre la trace de ses dents, formant des sillons bordés de barbes. Ce long et fastidieux procédé s’applique sur toute la planche, puis l’artiste élimine en partie, et parfois en totalité, les marques laissées par l’instrument afin d’obtenir, à partir d’un noir uniforme, des dégradés allant de noirs intenses à des blancs purs.

3. L’impression à plat

Le procédé le plus courant d’impression à plat est la lithographie, qui se fonde sur la répulsion réciproque de l’eau et des corps gras. Tout d’abord, l’artiste dessine une image sur un bloc de calcaire fin, fraîchement poli, à l’aide d’une encre grasse qu’il applique à la plume ou au pinceau. La plaque de calcaire est ensuite entièrement recouverte d’un mélange d’acide nitrique et de gomme arabique, ce qui accroît la capacité de la pierre à retenir l’humidité. Cependant, l’eau n’adhère pas aux parties dessinées à l’encre. L’artiste passe alors un rouleau imprégné d’encre, qui se fixe sur les parties grasses mais glisse sur les parties mouillées de la pierre.

4. Le monotype

Le monotype est un procédé de gravure ne permettant de tirer qu’un seul exemplaire à partir d’une planche. L’artiste compose un dessin à la peinture à l’huile, à l’aquarelle ou à l’encre, sur n’importe quelle surface lisse, généralement du verre. Puis une feuille de papier est appliquée contre la planche et l’image est transférée par frottement ou au moyen d’une presse à eau-forte au dos du papier.

5. Le pochoir

La façon la plus simple de fabriquer un pochoir est de découper la forme souhaitée dans une feuille de papier rigide ; on laisse le contour intact tout en évidant le motif. On place ensuite le pochoir sur une autre feuille de papier, sur laquelle on dépose de la peinture avec une brosse. Seules les parties évidées sont recouvertes de peinture, faisant ainsi apparaître l’image désirée.

6. La sérigraphie

La sérigraphie est un procédé d’impression à plat qui s’apparente à la technique du pochoir. L’artiste compose un motif sur un écran (à l’origine, en soie) à l’aide d’un masque constitué par un pochoir, ou par de la colle, éventuellement mélangée à un solvant. On place une feuille de papier sous l’écran, puis on étale de l’encre sur toute la surface de celui-ci avec une raclette. Lorsque la raclette passe sur les parties non masquées, l’encre traverse l’écran et se dépose sur le papier placé en dessous, selon la forme du dessin. Les artistes se servent également de procédés photochimiques pour composer leurs sérigraphies.