Francs
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Francs
2. Formation du royaume des Francs

Les Francs, composés de diverses peuples, dont les deux principaux restent les Saliens et les Ripuaires, cherchent à pénétrer dans l’Empire romain dès le milieu du iiie siècle. Certains mettent leurs talents guerriers au service de l’armée romaine dont ils finissent par diriger des unités. Alors que les Ripuaires se sédentarisent sur le cours moyen du Rhin, les Saliens avancent dans l’Empire et occupent bientôt le territoire le long des basses terres rhénanes. Arrêtés par l’armée romaine dans leur nouvelle avancée (358), les Saliens obtiennent de l’empereur Julien le statut de fédérés et s’allient alors à l’Empire. Au cours du Ve siècle, lorsque la puissance romaine décline, les Saliens, menés successivement par Clodion, Mérovée et Childéric, père de Clovis, s’établissent dans les territoires situés au nord de la Loire. Moins dangereux aux yeux des Romains que les autres peuples barbares qui menacent l’Empire par des raids successifs, les Francs se voient confier des postes de commandement des armées de défense : le chef Childéric dirige la contre-attaque contre les Wisigoths d’Aquitaine.

Devenus familiers des Romains, les Francs étendent leur territoire sans coup d’éclat. La conquête de Clovis, premier souverain de la dynastie mérovingienne, revêt plus l’aspect d’un coup d’État de l’intérieur que d’une invasion barbare. En 486, Clovis renverse Syagrius, le dernier gouverneur de la Gaule, puis soumet successivement les Alamans (bataille de Tolbiac en 496), les Wisigoths d’Aquitaine (bataille de Vouillé en 507) et les Francs Ripuaires. Les frontières de son royaume s’étendent alors des Pyrénées à la Frise et de l’océan Atlantique au Main. En se convertissant au christianisme de rite catholique (en 496 selon la chronologie traditionnelle héritée de Grégoire de Tours, en fait à la Noël de l’an 498), Clovis s’offre la reconnaissance de la majorité de ses nouveaux sujets. De surcroît, son baptême est à l’origine d’une étroite collaboration entre le royaume franc et la papauté : celle-ci en effet trouve là un appui inespéré dans une Europe où l’hérésie arienne a conquis la plupart des rois barbares.