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| 3. | Partages du territoire |
À la mort de Clovis, en 511, le royaume est divisé, selon la tradition coutumière des Francs, entre ses quatre fils, qui adjoignent aux terres déjà morcelées le royaume burgonde et la Provence. Les Partitions et les réunifications se succèdent jusqu’à Clotaire II, qui refait temporairement l’unité en 613. Après sa mort, en 629, Dagobert est le dernier des Mérovingiens qui réussit encore à imposer son autorité sur tout le royaume. Les « rois fainéants » cessent ensuite d’exercer une réelle influence, l’autorité passant de plus en plus systématiquement aux mains des grands fonctionnaires, en particulier du maire du palais (major domus), charge qui existe dans tous les royaumes francs. Dans la partie orientale, l’Austrasie, émerge une famille puissante, les Pippinides (voir Carolingiens), qui accapare la charge de maire du palais durant plus d’un siècle, gouvernant comme des souverains de fait à défaut de régner en nom. En 687, Pépin le Jeune (ou de Herstal), maire du palais d’Austrasie, défait les forces de Neustrie (la partie occidentale) et de Bourgogne, se proclamant major domus d’un royaume franc unifié. Son fils, Charles Martel, étend les frontières du royaume vers l’est et arrête la progression des Maures au cours de la bataille de Poitiers en 732.
La puissance franque atteint son apogée sous le petit-fils de Charles Martel, Charlemagne, le plus puissant souverain d’Europe. Le 25 décembre 800, Charlemagne est couronné empereur à Rome par le pape Léon III. À sa mort, le royaume est une nouvelle fois divisé. Le vaste empire franc est finalement partagé entre les royaumes des Francs occidentaux (et préfigure la France), des Francs orientaux (la future Allemagne), de Bourgogne et d’Italie, lors du partage de Verdun (843). Charles le Gros fait une ultime tentative de réunification entre 884 et 887, mais celle-ci reste vaine. Déjà, les serments de Strasbourg de 842, rédigés en langue romane et en haut allemand, attestent du déclin de l’unité culturelle franque.
L’héritage des Francs est considérable : outre l’extension géographique de la Francie occidentale, le lien entre la monarchie franque et le catholicisme n’a jamais été dénoncé et a puissamment contribué à l’unification de la nation, devenant au cours du Moyen Âge un argument essentiel pour la propagande royale.