| Charles X | Format lecture | ||||
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| 3. | Une monarchie autoritaire |
À la mort de Louis XVIII, la réaction s’accentue avec l’accession de Charles au trône, le 27 septembre 1824. En dépit de l’adoption, dans un premier temps, de mesures libérales (abolition de la censure, amnistie des prisonniers politiques) et de l’apaisement du climat politique dû au fait même que les ultras gouvernent, le monarque est bientôt l’instigateur d’une politique cléricale conservatrice. Très favorable à l’Église catholique et à la congrégation des Jésuites (dont l’influence sur l’université et l’armée est forte), il joue avec la symbolique du droit divin et se fait sacrer à Reims le 29 mai 1825. La France demeure ainsi la fille aînée de l’Église. Dans la même optique, Villèle fait adopter par le Parlement une loi punissant le sacrilège. Déjà âprement critiqué sur ces questions, Charles X l’est plus encore après le vote de la loi d’indemnité, dite du « milliard des émigrés », et du licenciement de la Garde nationale.
Conservatrice et autoritaire, la conception de la monarchie chez Charles X ébranle intrinsèquement la stabilité de son règne, surtout à partir de 1827, lorsque Villèle, dont l’impopularité ne cesse de croître, cherche à faire aboutir une loi supprimant la liberté de la presse. Devant son échec, Villèle démissionne. Lui succède un éphémère ministère d’apaisement, dirigé par Martignac (janvier 1828). Charles X en profite pour visiter la province avec son ministre et rehausser sa faible cote de popularité auprès du peuple. Mais jusqu’à sa démission, en août 1829, Martignac est systématiquement contrarié par l’interventionnisme royal, expression du conflit permanent entre les pouvoirs exécutif, législatif et royal. Aussi, du retour à une relative liberté d’expression ne découle pas la libéralisation attendue du régime.