| Charles X | Format lecture | ||||
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| 4. | Du durcissement du régime à la Révolution de 1830 |
Pour contrer ses opposants, Charles X appelle Jules de Polignac pour former le gouvernement. La désignation d’un ministère ultra apparaît comme l’ultime maladresse du monarque, entraînant un véritable suicide du régime. En effet, l’opposition de la Chambre à Polignac se manifeste avec force. Le 18 mars 1830, l’adresse de 221 députés souligne cette défiance. Apparemment inconscient de la montée en puissance de l’opposition, Charles X prononce la dissolution, choix aussitôt sanctionné par une écrasante victoire des libéraux aux élections. Le roi maintient malgré tout Polignac aux affaires. Plus encore, celui-ci revient sur certains points symboliques de la Constitution avec les ordonnances de Saint-Cloud (25 juillet 1830) : suspension du régime libéral de la presse, modification de la loi électorale dans un sens restrictif et diminution du nombre des députés, nouvelle dissolution. Ces mesures s’assimilent à un coup de force, surtout chez les journalistes de l’opposition, qu’ils soient républicains ou orléanistes libéraux.
Dans un contexte tendu — avec une économie fatiguée, une bourse en crise et des élites inquiètes —, l’inconscience de Charles X finit par cristalliser l’ensemble des mécontentements dans une vaste rébellion antidynastique. Ses succès en politique extérieure — intervention ayant permis l’indépendance grecque et la prise d’Alger — ne peuvent endiguer le mouvement de fond qui déstabilise définitivement son pouvoir. Alerté par les journaux de l’opposition libérale et républicaine, puis entraîné par la grève des ouvriers typographes, le peuple de Paris réagit violemment aux ordonnances de Saint-Cloud. Les barricades s’érigent dans Paris. Les journées révolutionnaires des 27-29 juillet 1830, passées à la postérité sous l’expression « Trois Glorieuses », entraînent de durs combats (1 000 morts, 5 000 blessés) et la chute des Bourbons.
Contre toute logique, Charles X tente en vain de maintenir la dynastie sur le trône, abdiquant en faveur du fils posthume du duc de Berry, le comte Henri de Chambord (août). La manœuvre échoue et le trône passe à la famille d’Orléans en la personne de Louis-Philippe (voir Révolution de juillet 1830).
Exilé au Royaume-Uni puis en Tchécoslovaquie, Charles X meurt en 1836 à Goritz, emporté par le choléra.