Jacob, Max
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Jacob, Max
2. La bohème montmartroise

Né à Quimper où sa famille, juive d’origine allemande, s’est installée en 1806 — son père Lazare Alexandre choisit, en 1888, de prendre pour patronyme le nom de sa femme, Jacob —, Max Jacob suit des études classiques tout en s’adonnant au dessin et à la musique et en se passionnant pour la littérature symboliste. Après de brillantes études secondaires, il obtient en 1894 une bourse d’études et entreprend de préparer l’École coloniale à Paris. Il s’en détourne au profit de la critique d’art, faisant des chroniques sur diverses expositions dans le Moniteur des arts. Il partage alors la vie de bohème, « cette vie de privations et de souffrances », de l’avant-garde artistique, regroupée autour du Bateau-Lavoir à Montmartre — c’est lui qui est à l’origine de ce nom, qu’il choisit en hommage aux bateaux dans lesquels les lavandières lavaient leur linge. Il se lie d’une amitié sincère et fidèle avec la plupart des écrivains et artistes du moment, dont Pablo Picasso, Guillaume Apollinaire, Francis Carco ou André Salmon, qui se retrouvent au Bateau-Lavoir que Picasso appelle désormais « Au rendez-vous des poètes ». Max Jacob devient ainsi le témoin privilégié de la naissance du cubisme. Esprit anticonformiste, souvent déconcertant, aux talents éclectiques, il pratique la peinture, s’intéresse au théâtre, à la chiromancie, à l’astrologie et compose des livres pour enfants (Histoire du roi Kaboul Ier et du marmiton Gauvain, 1903 ; le Géant du soleil, 1904).