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L’évidence religieuse |
Deux apparitions du Christ (la première sur le mur de sa chambre en 1909, la seconde en 1914) marquent sa « naissance spirituelle » et le convainquent d’abandonner la religion juive pour la foi catholique. Il raconte la première apparition dans la Défense de tartuffe (1919) : « Il y avait sur mon mur un Hôte. Je tombai à genoux. […] dès que mes yeux eurent rencontré l’Être Ineffable, je me sentis déshabillé de ma chair humaine, et deux mots seulement m’emplissaient : mourir, naître. » « Il a une robe de soie jaune et des parements bleus. Il se retourne et je vois cette face paisible et rayonnante ». Il se fait baptiser en 1915 sous le nom de Cyprien, avec Pablo Picasso pour parrain. Il relate ses expériences mystiques dans la trilogie intitulée Saint Matorel (Saint Matorel, mystère chrétien, 1909 ; les Œuvres burlesques et mystiques du frère Matorel, mort au couvent de Barcelone, 1912 ; le Siège de Jérusalem, 1912). Cette foi est contrebalancée par sa vie nocturne agitée, foisonnante, et il est souvent considéré comme fantaisiste. Lucide, dans l’une de ses lettres à René Rimbert (1936), il dit : « les tentations et même nos chutes acceptées comme des humiliations seront aussi des mérites si nous savons offrir nos faiblesses à Dieu avec des larmes ». Sa conversion est également, avec son homosexualité, l’un des points de rupture avec André Breton et le surréalisme.
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