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David, Jacques Louis (1748-1825), peintre français, qui a introduit le style néoclassique en France et en a été le meilleur promoteur, de la Révolution à la chute de Napoléon Ier.
Né à Paris, dans une famille de la bourgeoisie aisée, Jacques Louis David étudie à l’Académie royale sous la direction du peintre rococo Joseph Marie Vien. Il remporte le prix de Rome en 1774, après quatre tentatives. Il part alors pour la Ville éternelle, comme pensionnaire à la villa Médicis, où il reste cinq ans. Au cours de ce séjour, il est très influencé par l’art classique et l’œuvre du peintre du xviie siècle Nicolas Poussin.
De retour à Paris en 1780, Jacques Louis David parvient rapidement à son propre style néoclassique, tirant de l’Antiquité les sujets de ses tableaux et s’inspirant, pour les formes et la gestuelle, de la sculpture romaine. Le Serment des Horaces (1784, musée du Louvre, Paris), sa première commande, est soigneusement prémédité pour être le manifeste du nouveau style néoclassique, destiné à développer le sens civique du public. Porteuse d’un thème très moral, voire patriotique, cette toile devient la référence principale de la peinture d’histoire, noble et héroïque, des deux décennies suivantes. À partir de 1789, afin de témoigner des épisodes de la Révolution française, Jacques Louis David — jacobin, ami de Robespierre — met son art au service de la nation et adopte un style plus réaliste que néoclassique, comme l’atteste la Mort de Marat (1793, musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles). En 1794, emprisonné à deux reprises au palais du Luxembourg, il continue néanmoins à peindre, et conçoit les Sabines (musée du Louvre), tableau qu’il achève en 1799.
De 1799 à 1815, Jacques Louis David est le peintre officiel de Napoléon Ier dont il retrace le règne dans de très grandes toiles, comme le Sacre de Napoléon Ier le 2 décembre 1804 (1806-1807, musée du Louvre). Suivant la disgrâce de l’empereur, le peintre s’exile à Bruxelles — l’Italie ayant refusé de l’accueillir —, où il séjourne jusqu’à sa mort. Il y ouvre un atelier, revient aux sujets de la mythologie grecque et romaine, peints cependant dans un style plus théâtral.
Tout au long de sa carrière, Jacques Louis David est également un portraitiste fécond. Plus intimistes que ses grandes toiles, ses portraits, comme Madame Récamier (1800, musée du Louvre), montrent sa grande maîtrise technique et sa psychologie des personnages. De nombreux critiques modernes considèrent que les portraits de David, dénués de discours moral et soumis à une technique plus simple, sont sa plus grande réussite.
La carrière de Jacques Louis David symbolise en quelque sorte le passage du style rococo du xviiie siècle au réalisme du xixe siècle. Son style au souffle puissant et sa grande maîtrise du dessin ont fortement influencé ses élèves Antoine-Jean Gros et Jean Auguste Dominique Ingres (l’un des derniers représentants du néoclassicisme) ; ses thèmes patriotiques et héroïques ont ouvert la voie au romantisme.