Monet, Claude
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Monet, Claude
2. De l’apprentissage à la première exposition impressionniste

Né à Paris, Claude Monet passa une grande partie de son enfance au Havre, où sa famille s’installa dès 1845. Il étudia le dessin puis, à la suite d’une rencontre déterminante avec Eugène Boudin, exécuta ses premières toiles en plein air. En 1859, Monet quitta Le Havre pour Paris, où il poursuivit ses études artistiques à l’Académie suisse. Après son service militaire en Algérie (1861-1862), il rejoignit l’atelier de Charles Gleyre (qui avait pris la succession de Delaroche en 1843) où il rencontra les artistes qui devaient former à sa suite le mouvement impressionniste : Camille Pissarro, Pierre Auguste Renoir, Alfred Sisley et Frédéric Bazille. Enfin, en 1866, il fit la connaissance d’Édouard Manet, alors considéré comme le père spirituel de la jeune école.

Travaillant beaucoup à l’extérieur, Claude Monet peignit sans artifices les paysages qu’il avait sous les yeux (l’Estuaire de la Seine, 1865), ainsi que des scènes de la vie quotidienne, en ville ou à la campagne. À partir de 1865, il exposa à plusieurs reprises au Salon, où ses œuvres, bien que souvent raillées, étaient de plus en plus commentées. Ses coups de pinceau, larges et spontanés, faisaient dire à ses détracteurs, tenants de la peinture académique, que son travail était négligé, participant davantage de l’esquisse que de l’œuvre véritablement achevée.

Réfugié à Londres pendant la guerre de 1870, Monet découvrit les compositions de Turner, et fut marqué par son traitement de la lumière. Il retourna à Argenteuil en 1871, mais vit la majeure partie de sa production (à l’instar de celle de ses amis) refusée au Salon.

Échaudés par les rebuffades répétées des jurys officiels, Monet et les artistes « indépendants » organisèrent alors leur propre exposition en 1874, dans l’atelier du photographe Félix Nadar. La critique, hostile, jugea leur style sommaire et inachevé et les qualifia du nom moqueur d’impressionnistes, tournant en dérision le titre d’un tableau exposé par Monet : Impression, soleil levant (1872, musée Marmottan, Paris). « Impression ? J’en étais sûr !, écrivit Louis Leroy dans le Charivari. Je me disais aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l’impression là-dedans… »

Les compositions de Monet datant de cette époque montrent l’utilisation de couleurs pures. Le blanc, suggérant la lumière, et le bleu, apposé dans les zones d’ombre, lui permettaient de traduire avec beaucoup de vérité le paysage qu’il avait sous les yeux à un instant précis.