| burlesque | Format lecture | ||||
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| 3. | En France : une mode littéraire |
Le burlesque connaît son heure de gloire en France au XVIIe siècle, pendant une dizaine d’années (v. 1643-1653). Le terme emprunté à l’italien (burlesco) est introduit par Jean-François Sarrasin (1614-1654) et désigne « l’explication des choses les plus sérieuses par des expressions tout à fait plaisantes et ridicules ». Souvent le burlesque, qui soigne ses excès et ses effets, use de divers procédés tels les néologismes et archaïsmes, les doubles emplois et les mots polysémiques, les métaphores filées à l’extrême, etc. Il met aussi souvent en scène des couples de maîtres et valets. Le mètre utilisé est l’octosyllabe à rimes plates, par opposition au vers « héroïque » qu’est l’alexandrin.
Scarron et ses contemporains d’Ouville (1590-1657), Boisrobert (1589-1662), Cyrano de Bergerac, Ménage, Saint-Amant et Sarrasin sont les premiers et principaux représentants du burlesque français. En 1643, Scarron publie son Recueil de quelques vers burlesques et, en 1648, les deux premiers chants de son Virgile travesti. Les parodies des grands poètes anciens fleurissent avec notamment le Jugement de Pâris (1648) et Ovide en belle humeur (1650) du sieur D’Assoucy (1605-1677), ainsi que Pharsale (1653) de Georges Brébeuf (1618-1661), adaptation du poème de Lucain. Cette veine est exploitée également par Charles Perrault : les Murs de Troie ou l’Origine du burlesque (écrit avec ses frères, 1653) démythifient les grands héros de l’Énéide, ravalés aux rangs de personnages ordinaires. Par extension, le terme burlesque en vient à désigner un corpus plus large d’œuvres, comme celles qui relèvent de l’héroï-comique, parodie du ton héroïque ou les mazarinades, pamphlets contre Mazarin. Mais le burlesque décline rapidement ; il est attaqué par Madeleine de Scudéry, et Boileau condamne le genre dans son Art poétique (1674). Marivaux, néanmoins, perpétue cette tradition au XVIIIe siècle, avec son Homère travesti ou l’Iliade en vers burlesques (1736).