| Raphaël (peintre) | Format lecture | ||||
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| 3. | Période romaine |
En 1508, Raphaël est appelé à Rome par le pape Jules II qui lui demande de succéder au Sodoma dans la décoration à fresques des quatre stanze ou chambres du palais du Vatican. Le programme iconographique qu’on lui commande pour la première chambre, la stanza della Segnatura (chambre de la Signature, 1509-1511), illustre la fonction même de la pièce : c’est le lieu où le pape appose son sceau aux documents émanant des tribunaux apostoliques. On y représente donc la Loi, la Théologie, la Philosophie et les Arts poétiques. Par exemple, l’Allégorie de la Théologie se présente sous la forme d’un tribunal terrestre et céleste devant statuer sur le dogme. Sur le mur, en dessous de la Théologie, se trouve la Dispute du Saint-Sacrement, qui représente un groupe discutant la doctrine de la transsubstantiation, fortement mise en cause à l’époque par les mouvements réformateurs. La Philosophie est incarnée par la désormais célèbre École d’Athènes, qui représente un forum de philosophes antérieurs au christianisme et présidé par Platon et Aristote. La Poésie est présente grâce au Parnasse, dans lequel le dieu païen Apollon est entouré par des Muses et de grands poètes. La seconde chambre du Vatican que décore également Raphaël, la chambre d’Héliodore (1512-1514), représente une autre étape de son travail. Elle contient des scènes d’événements historiques attestant de l’intervention de la Providence dans le triomphe de l’Église catholique sur ses détracteurs.
Après la mort du pape Jules II en 1513, et l’accession de Léon X, l’influence et les responsabilités de Raphaël augmentent. Il est nommé architecte en chef de la basilique Saint-Pierre en 1514, et, un an plus tard, directeur de toutes les fouilles d’antiquités de Rome. En raison de ces nombreuses activités, il ne réalise qu’une partie de la troisième chambre du palais du Vatican, la stanza dell’Incendio (chambre de l’incendie, 1514-1517). Ce travail marque un passage à une peinture fortement intellectuelle. Il fournit à peine les cartons de la quatrième pièce, la salle de Constantin, dont la décoration est réalisée par son élève Jules Romain. Pendant cette période, il conçoit également dix tapisseries illustrant les actes des apôtres du Christ pour la chapelle Sixtine ; les cartons de ceux-ci sont à présent au Victoria and Albert Museum, Londres. Raphaël réalise également pour le compte du banquier d’origine siennoise Agostino Chigi, dont il est le « protégé », les fresques (les Sibylles) de la chapelle Chigi de l’Église Santa Maria della Pace, ainsi que l’architecture et les décorations de la chapelle Chigi de l’Église de Santa Maria del Popolo et la célèbre fresque de la villa Farnésine : le Triomphe de Galatée (v. 1513).
Dans cette dernière période, plusieurs peintures de chevalet occupent une place importante : un Portrait de Jules II (1512, galerie des Offices, Florence, et The National Gallery, Londres), la Madonne de Lorette (v. 1512, musée Condé, Chantilly), la Madone Sixtine (v. 1514, Gemäldegalerie, Dresde), la Transfiguration (1517-1520, Vatican). Outre le rôle important qu’il a durant son époque, Raphaël a pris immédiatement une place considérable dans l’évolution historique de l’art classique. En effet, il a réalisé l’idéal esthétique de Léonard qui voulait tendre vers l’art de l’excellence absolue, la manière dépersonnalisée, le tableau sans maître. Raphaël meurt à Rome en avril 1520.