| Goya, Francisco | Format lecture | ||||
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| 4. | Eaux-fortes et peintures tardives |
Durant l’hiver de 1792, alors qu’il est en visite dans le sud de l’Espagne, Goya contracte une maladie qui le laisse presque totalement sourd. Cette surdité infléchit dès lors profondément le sens de son inspiration. S’il continue à peindre la société madrilène dans ses aspects les plus pittoresques (Comédiens ambulants, 1794, musée du Prado, Madrid), il s’attache de plus en plus à exprimer, dans un style tour à tour dramatique et moqueur, sa révolte contre la folie, l’oppression et la sorcellerie.
Entre 1797 et 1799, il réalise les premiers croquis de la série gravée des Caprices, satire des mœurs sociales et des superstitions de l’époque. L’ensemble comporte 80 eaux-fortes. Puis l’invasion de l’Espagne par les armées de Napoléon en 1808 et la guerre qui s’ensuit lui inspirent deux puissants chefs-d’œuvre, 2 mai à la Puerta del Sol (Dos de Mayo) et les Fusillades du 3 mai (Tres de Mayo), achevés en 1814 et conservés au musée du Prado : bien qu’en contact avec les cercles libéraux favorables à la France, Goya y dénonce avec une fougue sans précédent la violence du conflit, ses répressions sanglantes et le martyre du peuple espagnol. Dans ces deux tableaux, comme dans ses toiles postérieures, Goya peint par touches épaisses de couleurs sombres, illuminées de jaune brillant et rehaussées de rouge. Il fixe également sa vision désespérée de ces événements — et de l’humanité — dans les Désastres de la guerre, série gravée en 1810.
Une certaine candeur — mêlée cependant d’une sincérité sans détour — n’est pas absente des derniers portraits espagnols de Goya, comme celui de la Famille de Charles IV (1800, musée du Prado), qui confine à la caricature et montre la famille royale sans la moindre idéalisation.