Mérimée, Prosper
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Mérimée, Prosper
2. Un notable des Lettres

Né à Paris dans une famille d’érudits, Prosper Mérimée fait des études de droit tout en menant une vie mondaine, fréquentant les salons littéraires, où il rencontre notamment Hugo, Musset et Stendhal. Il attribue ses premières publications, le Théâtre de Clara Gazul (1825) et la Guzla (1827), à des auteurs aussi imaginaires qu’exotiques : cette mystification littéraire fait grand bruit et attire bientôt sur lui l’attention du public. En 1828, il fait représenter la Jacquerie, scènes féodales, où il tâche de « donner une idée des mœurs atroces du XIVe siècle ». Il publie ensuite un essai historique, la Chronique du règne de Charles IX (1829), ouvrage essentiellement constitué de portraits et de scènes typiques dans lesquelles l’Histoire semble n’être qu’un prétexte.

Favorable au régime de Juillet lors des événements de 1830, il prend ses distances avec le mouvement romantique. Il est nommé à différents postes dans la haute administration puis, en 1834, inspecteur général des Monuments historiques. Cette fonction le mène à parcourir la France pour y recenser les monuments en péril et lui permet de sauver nombre de vestiges médiévaux. Il est élu à l’Académie française en 1844. Il bénéficie de l’appui de la future impératrice Eugénie. Après le coup d’État de 1851, il siège au Sénat et devient un proche de Napoléon III, avec lequel il projette même d’écrire un livre sur Jules César. Il meurt à Cannes quelques jours seulement après la chute de l’Empire, en septembre 1870.